Heures creuses : nouveaux horaires, ce qui change en 2026
Heures creuses nouveaux horaires : 9,3 millions de compteurs basculent vers l'après-midi. Comment vérifier tes créneaux et quoi reprogrammer chez toi.

Illustration générée par IA (Google Gemini) · Le Frugalisme
Sommaire et méthode
Dans cet article
L'essentiel
Les heures creuses nouveaux horaires tiennent en une phrase : tu conserves 8 heures à tarif réduit, mais une partie migre de la nuit vers le début d’après-midi. Le piège n’est pas le déplacement, il est dans ce que personne ne règle à nouveau. Ta machine à laver programmée sur un départ différé à 2h du matin continuera de partir à 2h du matin, que ce créneau soit encore creux ou non. La hausse ne se voit nulle part : ni alerte, ni voyant, juste une facture qui gonfle de quelques dizaines d’euros par an sans que tu aies changé une seule habitude.
Ce qui change dans tes heures creuses
La réforme des heures creuses est pilotée par la Commission de régulation de l’énergie, dans sa délibération tarifaire sur les réseaux, et appliquée depuis le 1er novembre 2025. Le volume ne bouge pas : 8 heures par jour, comme avant. C’est la répartition des heures creuses qui change, pour coller à la production solaire, abondante en milieu de journée et absente la nuit.
Le dispositif heures pleines et heures creuses découpe la journée en 16 heures pleines et 8 heures dites creuses, facturées moins cher. Trois contraintes encadrent désormais les nouvelles heures creuses. Tu conserves toujours au minimum 5 heures creuses consécutives la nuit, dans la fenêtre 23h-7h. Jusqu’à 3 heures peuvent se placer en journée, entre 11h et 17h. Et deux tranches sortent définitivement du jeu, 7h-11h et 17h-23h, qui correspondent aux pics de consommation du matin et du soir.
La saisonnalité est la vraie nouveauté. La période estivale court du 1er avril au 31 octobre, la période hivernale du 1er novembre au 31 mars. Pour un logement dont les créneaux changent, les heures creuses d’été comportent 2 ou 3 heures creuses de jour. L’hiver, la production photovoltaïque s’effondre et la consommation grimpe : le total peut alors repartir intégralement la nuit. Un même logement peut donc avoir deux jeux de créneaux d’heures creuses dans l’année.
Qui bascule, et à quelle date
Sur les 14,5 millions de clients ayant souscrit une option heures creuses, 3,5 millions respectent déjà les nouvelles règles. Le changement des heures creuses porte donc sur les 11 millions restants, répartis en deux vagues très inégales.
| Vague | Période | Foyers concernés |
|---|---|---|
| Première vague | Novembre 2025 à juin 2026 | 1,7 million |
| Seconde vague | Second semestre 2026 à octobre 2027 | 9,3 millions |
La première vague, volontairement étroite, a visé les créneaux les plus mal placés. La seconde est dix fois plus large. Si tes plages actuelles comportent une tranche entre 7h et 11h ou entre 17h et 23h, tu fais partie des candidats au déplacement.
L’opération elle-même ne demande rien de ta part. Enedis met à jour le compteur Linky à distance : pas de rendez-vous, pas de remplacement de matériel, pas d’avenant au contrat. C’est précisément ce qui la rend facile à rater. Les foyers équipés d’un compteur communicant voient donc leur grille évoluer sans le moindre geste technique chez eux.
Un mot sur l’information, parce que la rumeur raconte souvent l’inverse. Le déplacement n’est pas clandestin. Ton fournisseur, EDF comme un autre, connaît six mois à l’avance la liste des compteurs concernés, et il doit prévenir les consommateurs au moins un mois avant la date effective, par courrier ou par email selon la façon dont tu reçois tes factures. Le problème n’est pas l’absence d’information : c’est qu’un email de fournisseur d’électricité au milieu de trente autres ne déclenche aucune action. Personne ne se lève pour aller régler son lave-vaisselle après avoir lu un courrier tarifaire.
Comment vérifier tes créneaux réels aujourd’hui
Aucune règle générale ne te donnera tes créneaux. Les plages creuses sont définies localement, en fonction de l’état du réseau près de chez toi, et deux voisins peuvent avoir des créneaux différents. Il faut donc aller chercher l’information à la source.
Ta facture
Chaque fournisseur y fait figurer les plages des heures creuses et pleines associées à ton contrat. C’est le document le plus fiable, parce qu’il correspond à ce qui t’est facturé.
Ton espace client en ligne
Même information, souvent plus à jour, dans la rubrique contrat ou option tarifaire. C’est là que la nouvelle plage horaire apparaît en premier après une bascule, et que tu retrouves les horaires d’heures creuses applicables été comme hiver.
Ton compteur
Sur un Linky, la touche de défilement fait apparaître les index en heures pleines puis en heures creuses, ainsi que la période en cours. Tu ne verras pas la grille complète, mais tu sauras dans quelle tranche tu te trouves à l’instant où tu regardes.
Le contacteur jour/nuit
Dans ton tableau électrique, un petit module commande le cumulus. Bascule-le en marche forcée, puis reviens en position auto : si l’appareil ne chauffe jamais en position auto, le contacteur est mort. C’est une panne silencieuse qui peut durer des années, et la réforme est l’occasion de la débusquer. Un contacteur hors service fait chauffer ton stock au tarif fort toute l’année, ce qui coûte bien plus cher que le déplacement des créneaux.
Ce qui se règle seul, et ce que tu dois faire à la main
C’est la ligne de partage qui décide de ta facture, et elle passe à un endroit précis : l’appareil est-il piloté par ton compteur, ou par sa propre horloge ?
Un appareil raccordé au contacteur jour/nuit suit le compteur. Quand le gestionnaire de réseau met à jour les plages, il met aussi à jour les plages d’activation du ballon d’eau chaude. Tu n’as rien à faire. Si tu passes à deux périodes creuses, le ballon démarrera deux fois dans la journée au lieu d’une, sans perte de confort et sans surconsommation, puisqu’il continue de bénéficier de 8 heures creuses quotidiennes.
Un appareil qui a sa propre horloge, lui, ignore tout de la réforme. Il exécutera le programme que tu lui as donné il y a trois ans, même si plus aucune de ses minutes ne tombe durant les heures creuses.
| Appareil | Piloté par le compteur ? | Action de ta part |
|---|---|---|
| Chauffe-eau sur contacteur jour/nuit | Oui | Aucune, vérifier que le contacteur fonctionne |
| Cumulus sur programmateur manuel | Non | Régler les créneaux à la main |
| Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge en départ différé | Non | Recalculer le décalage à chaque cycle |
| Borne de recharge avec horloge intégrée | Non | Régler la fenêtre de charge |
| Pompe à chaleur ou radiateurs sur programmateur | Non | Décaler les plages de relance |
Le poste qui pèse le plus lourd reste la production sanitaire, autour de 15 à 20 % de la facture énergétique d’un foyer, juste derrière le chauffage. Un cumulus mal calé annule à lui seul une bonne partie du bénéfice de l’option. Les appareils en départ différé viennent ensuite, et la borne de recharge ferme la marche pour ceux qui roulent à l’électrique : recharger un véhicule pendant les heures creuses ne fonctionne que si l’horloge de la borne connaît les bons créneaux. Pour le reste des réglages qui font baisser la note, les gestes qui réduisent la consommation tiennent en une poignée de vérifications.
À partir de quand l’option heures creuses n’est plus rentable
L’option tarifaire heures pleines et creuses n’est pas gratuite. Tu paies un abonnement légèrement plus cher, et surtout un kWh en heures pleines plus élevé qu’en tarif de base. Tu récupères la mise sur les kWh consommés en creux. Si ta part en heures creuses tombe, l’équation se retourne.
Sur la grille réglementée en 6 kVA, l’abonnement passe de 187,80 € à 192,08 € par an, le kWh de base à 0,1940 €, le kWh en heures pleines à 0,2065 € et le kWh en heures creuses à 0,1579 €. Le détail de cette grille et de ses révisions est dans notre page sur le tarif réglementé de l’électricité.
De ces quatre nombres sort un seuil unique. L’écart entre les deux tarifs est de 0,0486 € par kWh, la pénalité en heures pleines face au tarif de base de 0,0125 €, et le surcoût d’abonnement de 4,28 € par an. Il te faut donc environ 28 % de ta consommation placée en heures creuses pour que l’option batte le tarif de base. Ce seuil bouge peu avec le volume : 28,7 % à 3 000 kWh par an, 27,5 % à 5 000 kWh, 26,8 % à 8 000 kWh.
Voici ce que cela donne en euros, sur un foyer à 5 000 kWh par an en 6 kVA.
| Part en heures creuses | Facture option HP/HC | Écart avec le tarif de base |
|---|---|---|
| 45 % | 1 115 € | 43 € gagnés |
| 40 % | 1 127 € | 30 € gagnés |
| 30 % | 1 152 € | 6 € gagnés |
| 25 % | 1 164 € | 6 € perdus |
| 20 % | 1 176 € | 18 € perdus |
La lecture utile tient en une ligne : chaque tranche de 10 points de consommation qui quitte les heures creuses coûte environ 24 € par an à ce profil. Un foyer qui perd 3 heures nocturnes sans jamais utiliser le créneau de journée, parce qu’il travaille à l’extérieur, glisse facilement de 45 % à 25 % de part en creux. La perte annuelle atteint alors une cinquantaine d’euros, sans qu’aucune ligne de la facture ne clignote. Pour décomposer ta propre note poste par poste, la méthode est détaillée dans notre guide sur la facture d’électricité, et les révisions tarifaires en cours sont suivies dans l’article sur le prix de l’électricité au 1er août 2026.
Le calcul te dira aussi quand renoncer. Si ton logement est vide en milieu de journée, si tu n’as ni cumulus électrique ni voiture à recharger, et si ta part en creux stagne sous les 25 %, le tarif de base redevient le bon choix pour tes heures creuses en 2026. Changer d’option tarifaire chez ton fournisseur ne coûte rien.
Le cas des panneaux solaires en autoconsommation
Ceux qui produisent leur propre courant vivent la réforme à l’envers. Les nouvelles plages d’heures creuses arrivent pile au moment où leurs panneaux tournent à plein, donc au moment où ils consomment déjà leur production plutôt que celle du réseau. Le tarif réduit s’applique alors sur des kWh qu’ils n’achètent pas.
Le gain n’est pas nul pour autant. Les heures creuses en journée restent utiles les jours couverts, en hiver, et à chaque fois que la consommation dépasse la production instantanée. Le pic de production et le créneau creux ne se recouvrent jamais exactement. Et les 5 heures nocturnes conservées servent à tout ce qui ne peut pas être décalé.
L’arbitrage se joue ailleurs : sur le dimensionnement et sur le taux d’autoconsommation, pas sur le placement des créneaux. Les chiffres de cette équation sont dans notre analyse de la rentabilité de l’autoconsommation solaire.
Questions fréquentes
Mes heures creuses vont-elles forcément changer ?
Non. Si tes plages actuelles tiennent déjà dans les fenêtres autorisées, elles restent en l’état : c’est le cas de 3,5 millions de foyers. Le déplacement vise les créneaux situés entre 7h et 11h ou entre 17h et 23h.
Vais-je perdre des heures à tarif réduit ?
Non, le volume reste inchangé, sept jours sur sept. Seule leur répartition bouge. En revanche, si tu ne peux pas consommer pendant le nouveau créneau de journée, tu perds l’usage d’une partie de ces heures.
Puis-je choisir mes créneaux ?
Non. Les plages sont fixées par le gestionnaire de réseau selon les contraintes locales, et diversifiées d’un foyer à l’autre pour éviter que tous les appareils démarrent en même temps. Ton fournisseur ne peut pas les modifier à ta demande.
Les offres Tempo et heures super creuses sont-elles touchées ?
Non. Les règles portent sur les heures creuses classiques du gestionnaire de réseau et sur les offres qui s’alignent dessus. Tempo, les heures super creuses, les formules semaine/week-end et les offres indexées sur les marchés gardent leurs propres plages.
Et en Corse ou en outre-mer ?
Ces territoires ne sont pas concernés : leurs contraintes de réseau et de production diffèrent de celles du réseau métropolitain interconnecté. Des évolutions propres pourront intervenir plus tard.
Que se passe-t-il si je déménage ?
Une nouvelle mise en service peut te faire attribuer un schéma de créneaux différent, y compris si tu gardes le même fournisseur. Vérifie tes plages dès l’emménagement plutôt que de supposer qu’elles ressemblent aux précédentes.