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Calfeutrer une fenêtre : 33 € remboursés en 9 semaines

Calfeutrer une fenêtre : 33 € de joint remboursés en 9 semaines de chauffe. Calfeutrage chiffré poste par poste, isolant à choisir, entrées d'air à garder.

L'essentiel

Calfeutrer une fenêtre : un homme en doudoune et bonnet, transi dans son salon, regarde des billets aspirés par l'interstice de sa fenêtre

Image générée par IA avec wan2.7-image · Le Frugalisme

Sommaire et méthode

Dans cet article

Calfeutrer une fenêtre coûte entre 8 et 60 € selon la méthode, et se rembourse en semaines, pas en années. Sur un logement de 90 m² chauffé à l'électricité, supprimer les infiltrations parasites des menuiseries représente environ 612 kilowattheures par an, soit 122 € au tarif réglementé du 1er août 2026. Un boudin plus un joint en mousse reviennent à 33 € et atteignent leur point mort en 9 semaines de chauffe. Le lot complet, mastic compris, coûte 63 € et met 16 semaines. Un poêle à granulés, lui, met 11,9 ans.

Regarde qui te répond quand tu tapes cette question. Sur la première page, il y a deux fabricants de joints, deux vendeurs de fenêtres neuves, une place de marché et trois plateformes de mise en relation avec un artisan. Aucun d’eux n’a intérêt à te dire qu’un boudin à 8 € règle la plus grosse fuite de ton logement. Et aucun d’eux ne chiffre quoi que ce soit.

Pourquoi calfeutrer une fenêtre rapporte plus vite que tout autre achat

Prends les gestes de chauffage dans l’ordre de leur point mort. Les gestes gratuits passent devant tout, forcément : baisser le thermostat d’un degré, régler des paumelles à la clé Allen, fermer les volets la nuit. Ensuite viennent les achats, et c’est là que le classement devient intéressant. Un poêle à granulés posé à 6 500 € met 11,9 ans à se rembourser face à un chauffage électrique, calcul que je détaille dans mon article sur le prix d’un poêle à granulés. Une pompe à chaleur joue dans la même décennie, et passer au bois demande de maîtriser d’abord le prix du bois de chauffage au mètre cube réel. Remplacer six fenêtres tourne autour de seize ans.

Le calfeutrage, lui, se compte en semaines de chauffe. Il en faut neuf pour un boudin et un joint en mousse à 33 €, seize pour le lot complet à 63 €. Fais le rapport : c’est près de quarante fois plus rapide que le poêle. Voilà la seule raison pour laquelle ce geste passe avant tous les autres achats, et elle n’a rien à voir avec le confort.

Point mort de trois gestes de chauffage, en semaines Le calfeutrage à 33 € atteint son point mort en 9 semaines de chauffe, le poêle à granulés en 357, le remplacement des six fenêtres en 487. Combien de semaines avant d'être remboursé Calfeutrage 33 €9 sem. Poêle 6 500 €357 sem. 6 fenêtres 4 500 €487 sem.
Point mort de trois gestes de chauffage, en semaines de chauffe, face à un chauffage électrique au tarif du 1er août 2026

Ce n’est pas un chantier, et c’est justement pour ça qu’il est rentable : aucune main-d’œuvre, aucun devis, aucune avance de trésorerie sur douze mois. Tu sors 33 € en octobre, tu les as récupérés avant Noël. Cette logique du seuil de bascule, je l’applique à chaque dépense, et c’est le cœur de ce que j’appelle le frugalisme : pas se priver, calculer avant.

Où calfeutrer une fenêtre : trouver le froid avant de dépenser

Première règle : ne colle rien avant d’avoir localisé la fuite. Un joint posé au hasard sur une menuiserie étanche ne rapporte rien, et il t’empêchera de fermer la fenêtre correctement.

Le test de l’encens en dépression

Un avertissement passe avant tout le reste. Ne fais jamais ce test si un appareil à combustion est allumé : chaudière ou chauffe-eau au gaz non étanche, poêle à bois, cheminée, insert. Mettre le logement en dépression fait refouler les fumées de combustion à l’intérieur, et le monoxyde de carbone ne se voit ni ne se sent. Coupe ces appareils avant, aère cinq minutes après.

Cela posé, ferme toutes les portes et fenêtres du logement. Allume la hotte de la cuisine en grande vitesse et laisse la ventilation tourner. Le logement se met en légère dépression, le froid extérieur cherche à rentrer, et les courants d’air s’amplifient d’un coup.

Passe alors un bâton d’encens le long des menuiseries, lentement, à deux centimètres du cadre. Là où la fumée couche ou se disloque, tu as ton air froid. Fais le tour du battant, puis du dormant de la fenêtre, puis du seuil de la porte d’entrée. N’utilise jamais une flamme nue, bougie ou briquet, près d’un rideau ou d’un tissu pour ce test : le risque d’incendie est réel. L’encens fait le même travail sans cette flamme.

C’est aussi la bonne minute pour repérer les interstices que l’œil ne voit pas : la jonction entre deux vantaux, le point bas de la crémone, la feuillure de la fenêtre où le mastic a reculé.

Le test de la feuille de papier

Glisse une feuille A4 entre le battant et le cadre fixe, referme la fenêtre, tire. Si la feuille sort sans résistance, le joint ne comprime plus. Refais-le en six points sur chaque vantail, en haut, en bas et au milieu. Sur une fenêtre bien réglée, la feuille se déchire avant de sortir.

Ce test-là est le plus utile parce qu’il distingue deux problèmes que le prix ne traite pas pareil. Une feuille qui glisse partout, c’est un joint mort, remplaçable pour quelques euros. Une feuille qui glisse d’un seul côté, c’est un battant déréglé : un tour de clé Allen sur les paumelles, et c’est gratuit.

Ce que coûte une fenêtre non calfeutrée, en euros

Voici ce que la première page ne fait jamais. Convertir une fuite d’air en argent demande trois chiffres, et rien de plus.

Les trois chiffres du calcul

Le premier est le prix d’un mètre cube d’air chauffé. Ce gaz pèse 1,2 kilogramme par mètre cube et sa chaleur massique vaut 1 005 joules par kilogramme et par degré. Le produit donne 1 206 joules par mètre cube et par degré, soit 0,335 wattheure, arrondi par convention réglementaire à 0,34 wattheure. C’est la constante de toutes les formules de déperdition par renouvellement d’air.

Le deuxième est la rigueur de l’hiver. Le service statistique du ministère publie les degrés-jours unifiés par département. La valeur de référence en France métropolitaine tourne autour de 2 500 degrés-jours, soit 60 000 degré-heures sur une saison de chauffe. Prends la valeur de ton département si tu veux le chiffre exact, l’écart va d’environ 1 400 en Corse à 3 800 dans le Jura.

Le troisième chiffre est le prix du kilowattheure. Le tarif réglementé s’établit à 0,2001 € TTC en option base 6 kVA depuis le 1er août 2026, après la hausse de 2,5 % actée par la délibération n° 2026-147 de la Commission de régulation de l’énergie, du 15 juillet 2026.

Multiplie les trois. Un mètre cube par heure de fuite permanente coûte 0,34 × 60 000 = 20,4 kilowattheures par saison, soit 4,08 € par an. Retiens ce nombre, il transforme n’importe quel courant d’air en euros.

La plus grosse fuite du logement n’est pas vitrée

Applique la formule à une porte d’entrée. Une porte de 90 centimètres avec un jeu de 10 millimètres au sol laisse 90 centimètres carrés d’ouverture permanente. À une différence de pression de 4 pascals, la valeur de référence des mesures d’étanchéité, et avec le coefficient de décharge conventionnel de 0,6 d’un orifice à arêtes vives, le débit ressort à 50 mètres cubes par heure.

Ce chiffre est un plafond, pas un réel : le jeu ne travaille pas en permanence à cette pression, et ce qui entre en bas ressort ailleurs. Compte le quart, soit 12 mètres cubes par heure. Cela fait 245 kilowattheures et 49 € par an qui passent sous une seule porte.

Ce quart est une hypothèse, et tout le reste de l’article varie avec elle. Retiens un tiers et le boudin rapporte 65 € par an, remboursé en quatre semaines de chauffe. Retiens un huitième et il tombe à 25 € par an, remboursé en dix. C’est le facteur d’incertitude principal de ce calcul, et il est plus honnête de le dire que de le cacher.

Coût annuel de chaque poste de fuite d'air Le seuil de la porte d'entrée est estimé à 49 € par an, les battants des six fenêtres à 57 €, les cadres fixes à 16 €, soit 122 € au total. Ce que chaque poste coûte par an, en euros Seuil de porte49 € Battants (6 fen.)57 € Cadres fixes16 € Total122 €
Répartition du coût des infiltrations parasites sur un logement de 90 m² chauffé à l'électricité, au tarif réglementé du 1er août 2026

Le même calcul appliqué aux six fenêtres

Applique la même formule aux fenêtres. Le pourtour d’un ouvrant courant fait 4,4 mètres, donc 26 mètres de joint pour six fenêtres. Un joint écrasé laisse un jeu résiduel de l’ordre de 0,4 millimètre, soit 104 centimètres carrés de passage : 59 mètres cubes par heure au plafond, 14 après le même quart. Pour les raccords entre bâti et maçonnerie, un mastic craquelé laisse plutôt 0,1 millimètre sur les mêmes 26 mètres, soit 4 mètres cubes par heure après abattement.

Additionne. Les infiltrations parasites d’un logement qui siffle représentent de l’ordre de 30 mètres cubes par heure : 12 sous la porte, 14 sur les ouvrants des six fenêtres, 4 autour des fenêtres elles-mêmes. Cela fait 612 kilowattheures et 122 € par an.

Contrôle maintenant que ce résultat est vraisemblable. Un logement de 90 m² consomme environ 88 kilowattheures de chauffage par mètre carré et par an. Ce chiffre s’obtient en croisant les 134 kilowattheures tous usages de l’observatoire BâtiZoom de l’ADEME avec les 66 % que pèse le chauffage. Cela donne 7 920 kilowattheures, soit 1 585 € par an. Les 612 kilowattheures récupérés en représentent 7,7 %. Ce rapport ne prouve pas le calcul, il montre seulement qu’il n’est pas absurde. Le calcul reste donc largement sous le plafond des 20 à 25 % que l’Agence de la transition écologique (ADEME) attribue au poste air renouvelé et fuites. Ce plafond, tu vas le voir, se lit de travers partout.

Les cinq façons de calfeutrer ses fenêtres, classées par point mort

Comment calfeutrer ses fenêtres sans se tromper de produit ? Cinq solutions pour calfeutrer des ouvertures existent, et la première page les présente toujours en vrac. Chacune se juge sur deux chiffres : ce qu’elle coûte, ce qu’elle rapporte par an. Leur rapport donne le point mort, et il renverse l’ordre dans lequel tu vas calfeutrer les fenêtres de la maison. Tu traites tes fenêtres à moindres frais, sans devis ni artisan, ce qui met le calfeutrage des fenêtres à la portée de n’importe qui. Retiens que la première méthode du tableau traite une porte. Un lot de portes et de fenêtres se budgète d’un bloc.

Coût, économie annuelle estimée et point mort de chaque méthode de calfeutrage. Une semaine de chauffe est une semaine d'hiver réelle, et une saison en compte environ trente
MéthodeCoûtÉconomie / anPoint mort
Boudin de bas de porte8 €49 €5 semaines de chauffe
Joint en mousse autocollant25 €57 €13 semaines de chauffe
Film de survitrage15 €30 à 100 € sur simple vitrage5 à 15 semaines de chauffe
Joint en caoutchouc profilé60 €57 €32 semaines de chauffe
Mastic silicone, 3 cartouches et pistolet30 €16 €56 semaines de chauffe

Avant de calfeutrer une fenêtre, le boudin de porte à 8 €

Le geste remboursé le plus vite du logement ne touche aucune vitre. Un boudin double face, celui qui enserre la porte et coulisse avec elle, coûte 8 à 12 € et réduit fortement la fuite calculée plus haut, sans jamais l’annuler complètement. Il atteint son point mort en cinq semaines de chauffe et tient trois à cinq ans. Rien d’autre dans la maison ne fait ça.

Le joint en mousse autocollant, le plus rapide sur les battants

Le joint adhésif en mousse polyuréthane se vend en rouleau de 6 mètres, entre 4 et 8 €. Compte 5 mètres par fenêtre, donc 30 mètres pour six, soit environ 25 €. Les joints adhésifs se vendent sous une dizaine de références qui ne diffèrent que par l’épaisseur du profil : prends celle que ta mesure impose, pas la moins chère. Les joints en mousse s’écrasent définitivement au bout de deux à trois saisons, mais à treize semaines de chauffe, ils sont remboursés dès leur premier hiver.

Le matériau n’a d’importance que sur un point : la mousse à cellules fermées résiste à l’humidité, la mousse à cellules ouvertes se gorge d’eau et se décolle. Regarde la coupe sur l’emballage, elle doit être lisse et non alvéolée.

Le caoutchouc, l’isolant pour calfeutrer une fenêtre pendant dix ans

Le profilé en caoutchouc, en forme de E ou de P selon l’épaisseur du jeu, coûte 1,50 à 2,50 € le mètre. Compte 60 € pour les six fenêtres, soit trente-deux semaines de chauffe, un peu plus d’une saison. Il est plus lent au départ, mais il tient cinq à dix ans là où la mousse en tient deux. Sur dix ans, cet isolant revient trois fois moins cher que la mousse renouvelée, et c’est le seul isolant du tableau qui tienne plus d’une décennie.

Choisis le profil sur le jeu mesuré, pas au jugé : le E pour 1 à 3,5 millimètres, le P pour 2 à 5 millimètres. Un profil trop épais empêche la fermeture de la fenêtre et force la crémone.

Le mastic silicone, pour le cadre fixe et la maçonnerie

Le mastic ne va jamais sur la partie mobile. Il traite le raccord entre le bâti et le mur, là où le vieux cordon a craqué. Une cartouche de 300 millilitres pose environ douze mètres de cordon, donc il en faut trois pour les 26 mètres de pourtour extérieur. Compte 30 € avec le pistolet à calfeutrer. Les dormants des fenêtres ne pèsent que 16 € de fuite par an, donc 56 semaines de chauffe, soit près de deux saisons. Mais les joints en silicone tiennent dix à quinze ans : sur la durée, ils finissent largement gagnants.

Le geste, lui, est simple : dégage l’ancien cordon au cutter, le support doit être propre et sec, puis applique un cordon régulier et lisse-le au doigt savonneux dans la foulée. Sur du PVC, prends un silicone neutre, l’acétique attaque certains profilés.

Le film de survitrage, un matériau qui ne joue pas sur l’air

Ne mélange pas deux physiques. Le film thermorétractable ne traite pas les fuites d’air, il traite le rayonnement du vitrage. Un kit à 15 € couvre quatre à six fenêtres et se pose au sèche-cheveux. Son gain dépend entièrement du vitrage en place, et c’est pour ça qu’il n’a pas de chiffre unique dans le tableau. La lame d’air qu’il crée fait gagner de 0,35 à 1,2 watt par mètre carré et par degré sur du simple vitrage, soit 30 à 100 € par an sur nos 7,2 mètres carrés. Sur un double vitrage moderne, le gain tombe près de zéro. Il faut le racheter chaque automne, donc le gain ne se cumule jamais d’une année sur l’autre. La pose demande un geste précis pour éviter les bulles d’air entre le film et la vitre.

Il a un avantage que les autres n’ont pas. Dans une pièce froide, il supprime la sensation de paroi glacée qui te fait monter le thermostat d’un degré. Ce degré-là vaut 7 % de ta facture de chauffage selon l’ADEME, soit 111 € sur notre logement de référence, et ce gain-là ne coûte rien du tout.

Comment calfeutrer une fenêtre proprement, dans l’ordre

L’ordre compte plus que le produit. Une pose bâclée décolle en trois semaines et te fait conclure que ça ne marche pas. Voici les étapes pour calfeutrer sans y revenir, fenêtre après fenêtre, en une après-midi.

  1. Mesure le jeu avec une cale ou un jeu de clés Allen, sur chaque côté du battant. Un jeu qui varie du simple au triple entre le haut et le bas signale une menuiserie déréglée, à régler avant de calfeutrer.
  2. Nettoie au dégraissant, puis sèche. Préparer la fenêtre avant de coller n’est pas une option. Il faut appliquer le joint sur une surface sèche, sinon l’adhésif lâche à la première condensation.
  3. Pose le joint sur la partie fixe, dans la feuillure, jamais sur la partie mobile. C’est l’erreur la plus fréquente et elle arrache le joint à chaque ouverture.
  4. Ne coupe pas les angles en biseau. Coupe droit et bout à bout, en laissant deux millimètres de compression. Un angle ouvert est une fuite qui repart.
  5. Referme et vérifie avec la feuille de papier. Si la crémone force, ton profil est trop épais.
  6. Repasse l’encens en dépression. Ce qui reste, c’est ce que le joint n’a pas pris.

Les trois pièges de pose

Trois pièges rendent un bon calfeutrage inutile. Les joints métalliques à clouer, encore vendus pour le bois ancien, demandent une menuiserie droite au millimètre et se déforment au premier choc. Un cordon de mousse expansive dans le raccord au mur gonfle, pousse le bâti et bloque la fermeture. Et un joint posé sur les deux faces à la fois, ouvrant plus dormant, empêche la crémone de verrouiller.

Calfeutrer une fenêtre ne traite qu’une perte de chaleur sur trois

Beaucoup de gens abandonnent parce qu’ils attendent d’un joint qu’il règle un problème qui n’est pas le sien. Une fenêtre laisse partir la chaleur de trois manières, et savoir comment isoler la tienne commence par identifier laquelle.

Les infiltrations viennent en premier. Le froid entre par un trou, tu bouches le trou. Sur ce poste, et sur lui seul, le calfeutrage est une solution complète : c’est aussi la seule perte de chaleur que la formule des 0,34 wattheure sait chiffrer.

Le rayonnement du vitrage vient ensuite. La vitre froide te pompe ta chaleur sans qu’aucun souffle ne bouge. Aucun joint n’y change quoi que ce soit ; l’isolation passe ici par le film, un rideau épais ou un vitrage neuf. Pour limiter les pertes de chaleur, il faut jouer sur la surface vitrée, pas sur son pourtour.

Les ponts thermiques ferment la liste. Le linteau, le coffre de volet roulant et l’appui de fenêtre conduisent le froid à travers la maçonnerie. C’est de la conduction pure, pas une fuite. Améliorer l’isolation de ces points-là relève de travaux, pas d’un rouleau posé au cutter.

Un calfeutrage de fenêtre ne répond qu’au premier cas, et calfeutrer sa fenêtre en espérant régler les deux autres revient à traiter le mauvais poste. Savoir comment isoler ses fenêtres revient donc à identifier le poste, jamais à choisir le produit à la mode.

Le geste qui range chaque poste dans sa case

Le diagnostic tient en un geste. Passe la main à cinq centimètres du cadre : si tu sens un souffle, c’est le premier poste. Si tu sens du froid sans souffle, c’est le deuxième ou le troisième. Classer les déperditions dans la bonne case avant d’acheter limite les dépenses inutiles. C’est aussi la seule façon de limiter les déperditions de chaleur pour de bon.

Calfeutrer une fenêtre sans étouffer le logement : l’isolation qui fabrique des moisissures

Le chiffre que tout le monde cite, celui de l’ADEME, dit que 20 à 25 % des déperditions passent par l’air renouvelé et les fuites. Presque tous les articles le traduisent par : calfeutrer récupère un quart de la facture. C’est faux, et la faute est dans la conjonction. Ce poste additionne deux choses de nature opposée. Le renouvellement d’air est voulu, réglementaire, et ne se supprime pas. Les fuites parasites, elles, se suppriment. Seule la seconde part se récupère, et c’est pour cela que mon calcul sort 7,7 % et non 25 %.

Ce que la loi impose de laisser passer

L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements impose une aération générale et permanente, avec des entrées d’air dans les pièces principales et des extractions dans les pièces de service. Pour un logement de trois pièces principales, son article 3 exige 105 mètres cubes par heure d’extraction en cuisine, 30 en salle de bains, que celle-ci soit ou non commune avec un cabinet d’aisances, et 15 pour un cabinet d’aisances séparé.

Compare les ordres de grandeur. Les fuites parasites que tu supprimes valent 30 mètres cubes par heure. Le débit réglementaire à préserver, lui, monte à 150 quand tout tire en même temps. Boucher les entrées d’air de la ventilation, c’est supprimer la moitié utile en croyant supprimer la moitié inutile. Le résultat arrive en une saison : buée au réveil, taches noires dans les angles, odeur de renfermé. Et si ton chauffage ou ton eau chaude marchent au gaz, au bois ou au fioul sans être étanches, le risque change de nature : un logement privé de ses entrées d’air peut concentrer du monoxyde de carbone, qui est invisible, inodore et mortel. Sur ces logements-là, les réglettes ne se touchent jamais.

Pourquoi couper l’entrée arrête la sortie

Un logement moderne est équipé d’une ventilation mécanique contrôlée, la VMC, qui aspire le volume vicié dans les pièces d’eau et le remplace par du neuf entrant par les réglettes des fenêtres. Couper l’entrée, c’est arrêter la sortie.

La règle tient en une ligne. Tu calfeutres le périphérique, c’est-à-dire le jeu entre battant et bâti, puis le jeu entre bâti et maçonnerie. Limiter les entrées d’air de la ventilation n’est jamais l’objectif : tu ne touches jamais aux réglettes en haut des fenêtres, ni aux bouches d’extraction, ni au détalonnage sous les portes intérieures. Si de la buée apparaît le matin après tes travaux, tu as trop fermé quelque part.

Quand calfeutrer une fenêtre ne suffit plus et qu’il faut changer les six

Calfeutrer une fenêtre traite l’air. Le calfeutrage ne traite pas le verre. Le test qui tranche est simple : si l’encens reste droit mais que la vitre est glacée au toucher, ton problème n’est plus le joint, c’est le vitrage.

Chiffre la bascule. Six fenêtres de 1,2 mètre carré font 7,2 mètres carrés. Un vieux châssis en simple vitrage laisse passer environ 4,5 watts par mètre carré et par degré, une fenêtre moderne 1,3. L’écart de 3,2 sur 7,2 mètres carrés donne 23 watts par degré, soit 1 382 kilowattheures et 277 € par an sur nos 60 000 degré-heures. Ce montant est une économie marginale : il ne compte que la conduction du vitrage, parce que les 57 € de fuite des battants ont déjà été pris par le joint. Sans calfeutrage préalable, le remplacement rapporterait 334 € et son point mort tomberait à 13,5 ans. À 750 € la fenêtre posée, l’opération coûte 4 500 € et met seize ans à se rembourser dans l’ordre que je recommande. Même avec 1 000 € d’aide, tu restes à plus de douze ans.

Seize ans, ce n’est pas un refus. C’est le bon ordre : les changer vient après avoir calfeutré, pas avant. Tu prends d’abord les 122 € annuels pour 63 €, puis tu décides. Le même raisonnement vaut pour tous les postes de la maison, et je l’applique poste par poste dans mon guide pour économiser l’énergie à la maison, comme dans celui sur la facture d’électricité.

Les trois signes qui imposent de les changer

Ensuite, trois signes imposent le remplacement plutôt que le joint : de la buée entre les deux vitres, qui signale un double vitrage percé et irréparable ; du bois pourri sur la traverse basse du dormant, où plus aucun adhésif ne tient ; une crémone qui ne verrouille plus malgré le réglage des paumelles. En dehors de ces trois cas, les fenêtres en bois anciennes se rattrapent très bien au joint.

Pour qui ce calcul change quelque chose

Le calcul change d’abord quelque chose pour qui hésite à engager un gros chantier. Fais les 33 € d’abord. Une saison plus tard, tu sais ce que ton isolation valait. Tu connais la part du froid qui venait du souffle et celle qui vient du verre. Tu arbitres alors sur du mesuré, pas sur un devis.

En location, calfeutrer une fenêtre sans autorisation

Il change ensuite quelque chose pour un locataire. Toute cette isolation légère se pose et se retire sans autorisation, et tu emportes la moitié du matériel en partant. C’est le seul geste d’isolation thermique qui rapporte à quelqu’un qui n’est pas propriétaire.

Ce n’est pas pour toi si tes fenêtres ont moins de dix ans et que le test de la feuille résiste partout. Dans ce cas, ta chaleur part ailleurs, probablement par la toiture, et tu perds ton temps sur les menuiseries.

Questions fréquentes sur le calfeutrage

Faut-il calfeutrer une fenêtre en PVC récente ?

Le joint se pose rarement sur l'ouvrant, souvent sur le dormant. Une menuiserie en PVC de moins de dix ans embarque un joint d'usine qui tient encore, et le test de la feuille le confirme en trente secondes. En revanche, le mastic entre le dormant et la maçonnerie, lui, craque au bout de huit à douze ans, et c'est là que passe l'air. Vise le pourtour extérieur, pas la fenêtre elle-même.

Le calfeutrage peut-il faire condenser mes vitres ?

Oui, et c'est le signal d'alarme à connaître. Si de la buée apparaît le matin sur les vitres après tes travaux alors qu'il n'y en avait pas avant, tu as réduit le renouvellement d'air sous le seuil utile. Vérifie que tu n'as rien posé sur les réglettes d'entrée d'air ni sur les bouches d'extraction, et que les portes intérieures gardent leur espace sous le vantail. Retire le joint le plus récent si le doute persiste.

Peux-tu calfeutrer une fenêtre par temps froid ?

Aucun produit adhésif ne prend en dessous de 5 °C, et la plupart des silicones non plus. L'adhésif ne polymérise pas et se décolle à la première ouverture, le mastic reste mou. Le mois idéal est septembre : la menuiserie est encore tiède, sèche, et tu es en place avant la première facture de chauffe.

Un bourrelet de calfeutrage suffit-il sur une porte-fenêtre coulissante ?

Non, et c'est le cas particulier qui piège. Un coulissant ne comprime rien : il glisse sur un rail, donc un joint plein empêche la manœuvre. Il faut un joint à brosse, celui qui frotte sans bloquer, et traiter le rail bas où l'eau et l'air passent ensemble. Compte 15 à 25 € et une pose moins immédiate que sur un battant.

Le propriétaire doit-il payer les joints d'un logement loué ?

L'entretien des menuiseries relève des réparations locatives. Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 met explicitement à la charge du locataire la réfection des mastics et le remplacement des vitres détériorées, et l'usage y rattache les joints d'étanchéité. En revanche, une fenêtre dont le châssis est déformé, dont le bois est pourri ou dont le double vitrage est percé relève du propriétaire, parce que ce n'est plus de l'entretien mais de la vétusté. Le partage se joue sur cette frontière, et une photo datée du désordre aide beaucoup.

Ce que tu fais cette semaine

  1. Ce soir, coupe d’abord tout appareil à combustion, puis mets la hotte en grande vitesse, allume l’encens et fais le tour des menuiseries et du seuil de la porte d’entrée. Note les points qui sifflent, tu vas les calfeutrer dans l’ordre du tableau, et aère cinq minutes après.
  2. Demain, fais le test de la feuille sur chaque battant, six points par fenêtre. C’est lui qui te dit ce que tu peux calfeutrer efficacement, et ce qu’il faut laisser tranquille. Sépare les joints morts des ouvrants déréglés.
  3. Ce week-end, pose le boudin de porte d’abord, à 8 € : il paie le reste. Pose ensuite le joint sur les battants qui ont échoué au test.
  4. Avant de commander, refais le calcul avec ton prix du kilowattheure et les degrés-jours de ton département, pas avec les miens.

Tous les montants de cet article sont un calcul, pas un relevé : ils reposent sur les hypothèses posées au fil du texte, un logement de 90 m² chauffé à l’électricité, une saison à 2 500 degrés-jours et une fraction d’un quart retenue sur le débit théorique des fuites. Refais-les avec tes propres chiffres avant d’acheter. Je ne suis ni juriste ni professionnel du bâtiment : la répartition des réparations entre locataire et propriétaire dépend aussi de ton bail et de l’état des lieux, et tout ce qui touche à un appareil à combustion ou à la ventilation d’un logement relève d’un professionnel qualifié.

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