Prix du cuivre au kilo : le vrai tarif d’achat du métal
Prix du cuivre au kilo : 12,49 € au cours de Londres, 6 à 10,10 € en tarif de rachat. Le prix réel du métal, de la ferraille et des ferreux, au comptoir
L'essentiel

Illustration générée par IA · Le Frugalisme
Sommaire et méthode
Dans cet article
Le prix du cuivre au kilo recouvre deux chiffres qu’il ne faut pas confondre. Au 11 août 2026, le grade A cote 12,49 €/kg sur la Bourse des métaux de Londres. Un comptoir de récupération, lui, te règle entre 6,00 et 10,10 €/kg pour du cuivre dénudé, selon l’adresse où tu te présentes. L’écart entre deux enseignes dépasse largement la hausse de la cotation depuis le printemps.
Tout le monde te répète de surveiller la cotation pour vendre au bon moment. Depuis son point bas du 2 avril, le métal rouge a gagné 19 %. Le même mois, sur la même marchandise, l’écart entre le comptoir le moins généreux et le plus généreux atteint 68 %. Attendre six mois une hausse de cotation rapporte trois fois moins que dix kilomètres de plus pour changer d’adresse. Le meilleur prix ne sort pas du calendrier, il sort de l’adresse où tu te gares et de l’état dans lequel tu arrives. Personne dans la première page de Google ne t’expliquera ça. Ces pages appartiennent aux négociants en métaux et ferrailles qui achètent ta marchandise.
Le cours du cuivre et le prix du comptoir, deux chiffres sans rapport
Le prix du cuivre au kilo que tu encaisses ne se lit sur aucun graphique. La cotation de référence se fixe au London Metal Exchange, sur des lots raffinés livrables en entrepôt agréé, en dollars la tonne. Ta cave ne produit pas ça, mais tout le reste s’y indexe.
| Métal | Dollars la tonne | Euros par kg |
|---|---|---|
| Cuivre grade A | 14 424,50 | 12,49 |
| Aluminium | 3 373 | 2,92 |
| Zinc | 3 822 | 3,31 |
| Plomb | 1 878 | 1,63 |
Cotations de règlement du LME au 11 août, converties au taux de change de la Banque centrale européenne du 12 août, un euro pour 1,1545 dollar.
Entre ce chiffre et ton chèque, il y a une chaîne entière : la collecte, le tri, la manutention, le transport vers la fonderie, et le risque de marché que le récupérateur porte entre ton passage et sa revente. Cette chaîne coûte à peu près autant par tonne traitée, quel que soit le contenu du bac. C’est pour cette raison que la décote ne mord pas de la même façon selon la matière.
Le laiton fait exception dans ce tableau, parce qu’il n’a pas de cotation propre. Sa part se calcule à partir de sa composition, j’y reviens plus bas.
Copie ce prompt dans ton outil d’IA pour chiffrer ton lot avant de bouger :
Les tarifs de rachat du cuivre relevés chez six comptoirs en août 2026
Le fil nu est la matière la plus courante dans un garage de particulier, voici ce qui se pratique dessus.
Ces montants ne se comparent qu’à conditions égales. La Rechetterie distingue le rigide rouge du rigide non rouge. SAR et G2D2 raisonnent en millberry, l’appellation professionnelle du fil nu de première qualité. Chaque maison applique son propre cahier des charges pour classer un lot. Deux vendeurs qui apportent la même chose peuvent repartir avec des catégories différentes.
Un prix de rachat affiché n’engage à rien
Sur les cinq barèmes que j’ai relevés, un seul porte une date : celui d’Inter-Car, indexé sur les cours internationaux et daté de juin. G2D2 affiche le libellé Tarifs mis à jour le -, avec un champ resté vide. SAR précise que tous ses montants sont indicatifs et dépendants du cours des métaux fixé au London Metal Exchange. La Rechetterie affirme que ses barèmes sont toujours à jour, sans dater quoi que ce soit. Sclavo publie sa fourchette dans un article de blog. Ces valeurs y sont données à titre strictement indicatif, et ne constituent en aucun cas une offre commerciale ferme.
Ce flou est légal, et aucun recours ne l’attaque. Le code de la consommation encadre l’information sur les prix de vente, dans ses articles L112-1 à L112-9. Dans un rachat, le professionnel est acheteur : le schéma est inversé, et aucun texte ne le vise. L’obligation d’affichage au gramme existe bien, mais elle ne concerne que l’or, l’argent et le platine. Ne la transpose pas au cuivre. Conséquence pratique : les prix affichés sur un site web ne sont qu’une invitation à passer. Le seul montant qui t’engage est celui annoncé de vive voix, avant que ta marchandise ne touche la bascule.
Dénudé, mêlé ou gainé : le tri du cuivre pèse plus lourd que ta charge
Chez G2D2, la même matière décroche de 8,80 à 2,50 € le kg selon sa présentation. Ce n’est pas une brimade, c’est le prix du travail que tu ne fais pas.
| Catégorie | Euros par kg |
|---|---|
| Fil nu de première qualité | 8,80 |
| Cuivre mêlé propre | 8,00 |
| Mêlé à trier | 4,00 |
| Gainé, non dénudé | 2,50 |
Le gros câble riche et le cuivre millberry
Le câble se juge au diamètre. Un gros câble riche, celui des alimentations électriques et des bobines d’atelier, contient une forte proportion de cuivre sous une gaine mince. Le dénuder se rentabilise en quelques minutes. Le fil fin de téléphonie ou d’électroménager, lui, contient surtout du plastique. Tu peux y passer une soirée pour gagner deux euros. Un couteau à dénuder à dix euros se rembourse sur le premier gros câble cuivre traité, jamais sur trente mètres de fil de sonnette.
Radiateurs, robinetterie et pièces mêlées
Un radiateur de voiture, un chauffe-eau, une chaudière ou une pompe contiennent trois ou quatre matières assemblées. Livré tel quel, l’ensemble part dans la catégorie basse. Démonté, chaque partie rejoint sa ligne. Le geste qui paie le mieux consiste à séparer le nu du gainé, puis le rouge du jaune, dans trois seaux distincts. Trente minutes de tri sur un lot moyen valent souvent plus que trente kilomètres de route en plus.
Laiton, aluminium et ferraille, les métaux que tu laisses partir sans les voir
Le laiton n’a pas de cotation, il se reconstitue
Cet alliage de cuivre et de zinc n’a aucune cotation propre. Sa valeur se calcule à partir de sa composition. Pour un CuZn39Pb3, environ 60 % de rouge et 38 % de zinc, le calcul donne 0,60 × 12,49 + 0,38 × 3,31, soit 8,75 €/kg de valeur intrinsèque. Les comptoirs le reprennent entre 4,50 et 5,20 €, autour de 55 % de cette valeur. Refais l’opération avec ta propre matière : une pièce de robinetterie à 85 % de rouge vaut 11,10 €/kg de matière contenue. La méthode compte plus que le chiffre, parce que les alliages ne se valent pas.
L’aluminium, l’inox et les autres non-ferreux
L’aluminium courant se reprend de 0,75 à 1,10 €/kg. Les jantes montent à 1,00 € chez G2D2, et jusqu’à 2,00 € chez le plus généreux quand la matière est propre. L’inox oscille entre 0,50 et 0,80 €, le plomb entre 0,70 et 1,20 €, le bronze atteint 5,00 €. Une batterie de voiture se traite en filière séparée, ne la mélange jamais au reste du chargement. Cette famille représente l’essentiel de ce qu’un particulier laisse filer à la déchetterie. La filière du recyclage la reprend pourtant sans condition.
L’acier, lui, n’a aucune cotation publique en France. Les 0,08 à 0,15 €/kg que tu liras partout, soit 80 à 150 € la tonne, sont un relevé de barèmes affichés, pas un cours officiel. Personne ne publie de prix des métaux ferreux comparable à celui de Londres, et une benne de vieux radiateurs en fonte ne se négocie pas, elle se pèse.
À partir de combien de kilos le déplacement est rentable
Un aller-retour de 40 km coûte de l’ordre de 10 € tout compris pour une voiture ordinaire, carburant et usure confondus. Applique ce seuil à chaque ligne de ton chargement.
- Acier à 0,10 €/kg : il faut 100 kg pour couvrir le seul trajet.
- Cuivre dénudé à 9 €/kg : 1,2 kg suffit.
- 1 kg de cuivre nu vaut 90 kg de ferraille.
Un lot de 50 kg de ferraille rapporte 5 €, moins que ton carburant. Il ne se déplace que s’il est déjà dans le coffre pour une autre raison, ou en gros volume. Le rouge, le jaune et le bronze justifient le trajet à eux seuls, même en petite quantité. Le mauvais arbitrage classique consiste à transporter 200 kg d’acier pour 20 €, en négligeant 3 kg de fil nu qui en valent 27. C’est le réflexe que j’avais, et voilà d’où venait mon barème.
Mon barème de récupération, et pourquoi il a décroché
Dans mon manuel de techniques frugalistes, j’ai noté pendant des années un barème de récupération vécu : 7 €/kg pour le rouge, 1,50 € pour l’aluminium, 0,20 € pour le fer. Ces chiffres ont décroché, et dans les deux sens.
| Ma note d’alors | La réalité relevée | Ce que ça change |
|---|---|---|
| Rouge à 7,00 € | 7,97 à 10,10 € | Sous-évalué de 25 à 45 % |
| Aluminium à 1,50 € | 0,75 à 1,10 € | Trop optimiste, sauf matière propre |
| Fer à 0,20 € | 0,08 à 0,15 € | Environ le double du réel |
| Jantes à 40 € | 8 à 10 € pièce | Juste pour un train de quatre |
Un vieux cumulus, que j’estimais à 50 €, pèse 40 à 60 kg d’acier à 0,10 €, plus quelques euros de cuivre sur la résistance et l’anode. Au comptoir, il vaut moins de dix euros. Ce chiffre de 50 € ne tient que pour une revente d’occasion en état de marche, ce qui est un autre métier. La leçon vaut plus que le barème : un vécu vieillit mal parce que les matières ne bougent pas ensemble. Le mien sous-estimait le seul poste rentable et surestimait les postes lourds et pénibles. Un lecteur qui s’y fierait ferait précisément le mauvais choix de chargement.
Vider un garage pour quelques kilos de cuivre n’est qu’un chantier parmi d’autres. Si le reste du logement dort sous les mêmes piles d’objets qui ne servent plus, j’ai fait une formation qui transforme tout ça en argent plutôt qu’en déchetterie.
Le comptoir ne te paie pas en liquide, et c’est la loi
L’article L112-6 du code monétaire et financier est sans ambiguïté. Son alinéa 3 dispose que lorsqu’un professionnel achète des métaux à un particulier ou à un autre professionnel, le paiement est effectué par chèque barré ou par virement à un compte ouvert au nom du vendeur. Le texte ajoute que le non-respect de cette obligation est puni par une contravention de cinquième classe.
Trois précisions s’imposent, parce que la page de résultats raconte l’inverse.
- Il n’existe aucun seuil de montant. L’interdiction est absolue, pour 10 kg de fil à 90 € comme pour cinq tonnes. Les montants que tu liras ailleurs sont des reliquats d’un état ancien du texte, qui fixait un seuil de 500 €. Ce seuil a été supprimé par l’article 51 de la loi du 29 juillet 2011, entré en vigueur le 1er août 2011, et rien ne l’a remplacé depuis. Le plafond de 1 000 € est celui des espèces en général, et il ne s’applique pas ici. La rédaction actuelle est plus large encore, puisqu’elle vise des métaux, sans autre précision.
- La carte bancaire ne figure pas dans le texte. Elle y était avant 2011, elle en a disparu. L’article ne mentionne aujourd’hui que le chèque barré et le virement. G2D2 affiche d’ailleurs sur sa grille un laconique règlement par chèque uniquement.
- Le compte doit être au nom du vendeur. Un virement adressé à un tiers ne purge pas l’obligation.
La contravention de cinquième classe s’élève à 1 500 €, 3 000 € en récidive, et elle pèse sur le professionnel acheteur, pas sur toi. Ce refus des espèces te protège autant qu’il le contraint : sans trace bancaire, tu n’as aucune preuve du poids ni du montant en cas de contestation. C’est la même logique que pour le rachat de métaux précieux en boutique, où la traçabilité est ton seul recours.
Le registre qui rend ton prix vérifiable
L’article 321-7 du code pénal complète le dispositif. Le professionnel doit tenir un registre jour par jour. Il y inscrit la nature, les caractéristiques, la provenance et le mode de règlement de chaque objet acquis. L’omission est punie de six mois d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, et l’infraction est constituée y compris par négligence. Le mode de règlement figure donc noir sur blanc dans un registre contrôlable : c’est l’instrument qui rend l’interdiction des espèces vérifiable. L’article R321-3 y ajoute la nature, le numéro et la date de délivrance de la pièce d’identité produite par le vendeur, sans en imposer une en particulier.
Câbles volés et tas brûlés, pourquoi le comptoir te regarde de travers
Il n’existe aucun chiffre national du vol de métaux en France, le service statistique du ministère de l’Intérieur ne publiant pas d’indicateur. Les totaux France que tu croiseras sont fabriqués. Restent les relevés locaux. Dans une réponse ministérielle publiée le 10 juin 2025, l’Intérieur compte plus de 40 vols de câbles dans le Puy-de-Dôme depuis janvier 2024, soit 13 km dérobés et 264 000 € de préjudice estimé. La région parisienne en a signalé 143 en 2024, 151 en 2023 et 147 en 2022. Les cibles sont connues : le réseau ferroviaire, le réseau cuivre d’Orange en cours de démantèlement, l’éclairage public communal.
Le registre, la pièce d’identité et l’interdiction des espèces n’existent que pour ça, contre le recel de câbles volés. La même réponse ministérielle le dit sans détour : l’interdiction du paiement en espèces au détail, effective depuis le 1er août 2011, permet de tracer et d’identifier les vendeurs. Le ministère annonce aussi des contrôles ciblés sur les registres des ferrailleurs et les plateformes de recel. Un quatrième niveau existe, fiscal celui-là. L’article 1649 bis du code général des impôts oblige l’acheteur habituel au détail à déclarer chaque vendeur au fisc avant le 31 janvier, par le formulaire 2093, avec le cumul de ses ventes. Le comptoir relève donc ton identité, horodate son registre, refuse les espèces et déclare tes ventes une fois par an. Il répond pénalement de ce qu’il achète, il se couvre avant de te servir.
Le tas de câbles brûlé détruit la valeur qu’il cherche
Brûler les gaines ne fait pas descendre d’une ligne dans le barème, ça fait sortir du barème. Les spécifications internationales ReMA excluent le fil brûlé par écrit. Le grade No. 2, nominal 96 % de cuivre, doit être exempt de fil issu d’un brûlage et de fil brûlé cassant. Le grade au-dessus, le millberry des comptoirs français, exige un fil nu et non oxydé. Aucune des quatre grilles relevées ne prévoit de ligne pour ce cuivre-là. G2D2 indique ne pas reprendre les câbles brûlés. Inter-Car les bascule en grade souillé, négocié au cas par cas. Au mieux le lot part en mêlé à trier à 4,00 €, au pire il repart avec toi. Contre 8,80 € pour le même cuivre propre, la fumée coûte de 55 à 100 % de la valeur.
Le droit suit la même pente. Brûler des câbles, qui sont un déchet d’activité économique, est un délit puni de 4 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende par l’article L541-46 du code de l’environnement. En revanche, un déchet ménager brûlé à l’air libre coûte 450 € au maximum. La fumée transporte des dioxines chlorées, le PVC des gaines apportant le chlore. Le calcul du comptoir, lui, ne bouge pas : le même fil resté propre vaut plus du double du lot brûlé.
Ce que tu n’as pas à justifier
Aucun texte n’oblige un particulier à prouver l’origine de son cuivre. Le registre est une obligation du comptoir, et la provenance une mention déclarative que le professionnel porte lui-même. La démonstration tient en une ligne. Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le 1er avril 2025 veut créer cette obligation de justifier l’origine. Si un texte doit la créer, c’est qu’elle n’existe pas aujourd’hui. Le recel reste une infraction intentionnelle, sans présomption. Un registre mal tenu ne condamne personne, il sert à prouver. Le comptoir garde en revanche le droit de refuser d’acheter sans se justifier. Un lot qui sent l’ennui, c’est un refus sec, ou une catégorie revue à la baisse au moment de la pesée.
Ce que le comptoir te prend à la pesée et à la requalification
Ta bascule est encadrée. L’arrêté du 26 mai 2004 soumet les instruments de pesage à fonctionnement non automatique à un contrôle métrologique périodique, dès lors qu’ils servent à une transaction commerciale. La périodicité est de deux ans pour les appareils de 30 kg et moins vendus en direct au public, et d’un an pour tous les autres. Le résultat se lit sur une vignette collée à l’appareil. La vignette verte porte le mois et l’année de validité. La vignette rouge signifie un refus, donc l’interdiction d’usage. Un carnet métrologique doit être tenu à disposition, et le détenteur doit préserver l’intégrité des scellements.
Tu peux donc faire deux choses en trente secondes : lire la vignette et sa date, demander le carnet. Vignette absente, périmée, rouge, ou scellé brisé, la pesée n’a plus de valeur légale, et le contrôle relève de la DREETS et de la DDPP.
Reste la requalification, plus discrète et plus coûteuse. Ton lot annoncé en catégorie propre bascule en catégorie inférieure pendant qu’ils le versent, et sa valorisation est divisée par deux. Une fois la matière mélangée au bac commun, elle n’est plus identifiable, donc plus discutable. Fais annoncer la catégorie retenue et le tarif au kilo pendant que ta charge est encore dans le coffre. Si le classement ne te convient pas, tu remontes en voiture. Une cour de ferrailles et métaux n’est pas un service public, tu n’as rien signé.
Investir dans le métal plutôt que le revendre
La hausse de 19 % depuis avril n’est pas un accident de marché, elle vient de la demande industrielle liée à l’électrification. La mécanique boursière n’a rien à voir avec le comptoir. Je l’ai détaillée dans mon dossier sur les ETF cuivre et les minières. Le cadrage plus large se trouve dans celui sur les matières premières comme classe d’actifs.
Racheter du métal en espérant une hausse, c’est un pari de marché avec un risque de perte en capital. Vider ta cave, c’est encaisser une valeur déjà là, que tu paies aujourd’hui en encombrement. Les deux gestes n’ont ni le même horizon ni le même risque.
Action à réaliser
- Trie ton lot en trois seaux avant de bouger : fil nu, gainé, jaune. Compte trente minutes pour un chargement de garage.
- Fais peser chaque seau sur un pèse-personne, puis appelle les deux ou trois adresses les plus proches et demande le montant du jour par catégorie. Note qui répond précisément et qui reste vague, ça t’indique déjà où aller.
- Sur place, fais annoncer la catégorie et le prix au kg avant de vider le coffre. Vérifie la date sur la vignette de la bascule. Repars avec un chèque ou un virement, jamais avec des billets.
- Au-delà de 5 000 € encaissés en une seule fois, renseigne-toi sur le régime de l’article 150 UA du code général des impôts avant la vente, pas après.
Cette logique de récupération est une brique de base du mode de vie frugaliste. Elle vaut autant que les astuces du quotidien ou l’art de tenir un petit budget. Elle rejoint aussi ce que j’expliquais à propos de l’argent trouvé par terre : ce qui traîne n’est pas toujours à toi, et ce qui est à toi ne vaut que ce que tu prends la peine d’en tirer.
Questions fréquentes
Tri, catégories et bascule
Faut-il dénuder son câble soi-même avant de partir au comptoir ?
L’écart affiché est énorme, 2,50 € le kg gainé contre 8,80 € le kg nu chez G2D2. Il se réduit une fois la gaine enlevée, parce qu’un kilo de câble entier ne donne pas un kilo de cuivre nu. La règle pratique tient au diamètre. Sur du gros câble d’alimentation, l’opération se rentabilise vite. Sur du fil fin de téléphonie, tu y passeras des heures pour quelques euros.
Le comptoir a reclassé mon lot en catégorie inférieure sur la bascule, que faire ?
Chez G2D2, passer de mêlé à mêlé à trier fait tomber la ligne de 8,00 à 4,00 €/kg. Le reclassement se discute avant la pesée, jamais après, parce qu’une fois ton lot versé dans le bac commun il n’est plus identifiable. Fais annoncer la catégorie et le montant pendant que ta charge est dans le coffre. Si le classement ne te convient pas, tu repars.
Puis-je exiger une seconde pesée devant moi ?
Rien ne l’impose au professionnel, mais tu peux vérifier son instrument. L’arrêté du 26 mai 2004 soumet les bascules commerciales à un contrôle périodique matérialisé par une vignette. Verte, elle porte le mois et l’année de validité, rouge, l’appareil est interdit d’usage. Le carnet métrologique doit être tenu à disposition. Vignette absente ou scellé brisé, la pesée n’a aucune valeur légale.
Règlement, papiers et impôts
J’ai récupéré du câble sur un chantier avec l’accord du chef de chantier, comment je le prouve ?
Tu n’as rien à prouver. Aucun texte n’impose au vendeur de justifier l’origine de sa marchandise. Une proposition de loi déposée en avril 2025 cherche à créer cette obligation, ce qui prouve qu’elle n’existe pas encore. Le comptoir garde le droit de refuser un lot qui l’ennuie. Un mot écrit du chef de chantier ne t’est pas demandé, mais il coupe court à la discussion.
Je suis réglé par chèque mais personne ne me demande de papier, est-ce un problème ?
C’est le signe que le registre n’est pas tenu. L’article 321-7 du code pénal impose d’y inscrire jour par jour la nature, les caractéristiques, la provenance et le mode de règlement, ainsi que le numéro de la pièce d’identité du vendeur. L’omission coûte six mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Un professionnel qui ne te demande rien n’est pas arrangeant, il est en infraction.
J’ai vidé la cave d’un parent décédé, dois-je déclarer ce que j’en tire ?
L’article 150 UA du code général des impôts exonère toute cession dont le prix ne dépasse pas 5 000 €, et le seuil s’apprécie cession par cession. Il faudrait environ une demi-tonne de fil nu, ou plus de 30 tonnes d’acier en une fois, pour en sortir. Le seuil de 305 € que tu liras partout est celui de la mise en recouvrement de l’impôt, il n’a rien à voir. Ce qui fait basculer vers une activité professionnelle, c’est le caractère habituel, et aucun texte ne le chiffre.