Délai de restitution du dépôt de garantie : 1 ou 2 mois
Délai de restitution du dépôt de garantie : un mois si l’état des lieux de sortie est conforme, deux mois sinon. Ensuite, 10 % du loyer par mois de retard
L'essentiel

Le dépôt de garantie revient à la vitesse que le bailleur choisit, sauf que la loi, elle, a fixé un calendrier
Sommaire et méthode
Dans cet article
Le délai de restitution du dépôt de garantie tient dans l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989. Il tombe à un mois quand l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, et il passe à deux mois dans tous les autres cas. Le compteur démarre à la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, pas au jour du déménagement. Passé l’échéance, la somme encore due au locataire est majorée de 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard.
Un propriétaire qui garde ton dépôt dix mois de trop doit en rendre le double. Le résultat sort d’une multiplication, pas d’un forum de locataires en colère. Il tient à deux conditions : qu’aucune retenue justifiée n’ait absorbé la somme, et que tu réclames la pénalité. La loi plafonne le dépôt d’une location vide à un mois de loyer. Elle fixe ensuite la pénalité de retard à 10 % de ce même loyer par période mensuelle entamée. Dix périodes, dix fois 10 %, la pénalité égale donc le dépôt. Presque personne ne pose ce calcul.
Ce que fixe l’article 22, et le jour où le compteur démarre
L’argent immobilisé chez un tiers reste ton argent. Le frugaliste qui suit ses flux à l’euro près ne laisse donc pas un mois de loyer dormir sur le compte de quelqu’un d’autre. La loi lui donne d’ailleurs un calendrier opposable et un tarif de retard.
Le délai de restitution du dépôt de garantie se lit sur quatre alinéas de l’article 22 de la loi n° 89-462, dans sa version en vigueur. Ils posent ainsi deux durées distinctes, un point de départ unique et une condition à la charge du locataire. Rater la troisième fait sauter la sanction attachée aux deux premières.
Caution et dépôt de garantie ne désignent pas la même chose
Le vocabulaire courant mélange deux objets que la loi sépare. La caution est une personne, celle qui s’engage à payer à ta place si tu ne paies pas. Le dépôt de garantie est une somme d’argent, versée à la signature du bail pour garantir l’exécution de tes obligations locatives. Demander la restitution de la caution n’a donc pas de sens juridique, même si tout le monde le dit.
La distinction change donc ce que tu écris dans ton courrier. Une demande de remboursement de la caution se discute. En revanche, une demande de restitution du dépôt de garantie s’appuie sur un article, un délai maximal et un tarif de retard. Le montant de la caution, au sens du garant, n’existe pas ; le montant du dépôt de garantie, lui, est plafonné par la loi.
Le dépôt n’est pas obligatoire, et il est parfois interdit
L’alinéa 1 s’ouvre sur une condition que la plupart des lecteurs sautent : lorsqu’un dépôt de garantie est prévu par le contrat de location. Demander un dépôt de garantie est donc une faculté du bailleur, pas une obligation légale. Un bail conclu sans dépôt reste valable.
L’alinéa 2 pose ensuite une interdiction. Aucun dépôt ne peut ainsi être prévu lorsque le loyer est payable d’avance pour une période supérieure à deux mois, un loyer trimestriel par exemple. Le texte réserve toutefois un cas : si le locataire demande à payer son loyer au mois, le bailleur retrouve par conséquent le droit d’exiger un dépôt.
La remise des clés lance le délai, pas ton départ du logement
L’alinéa 3 est précis sur la forme. Le délai court à compter de la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en main propre ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Le mandataire compte autant que le propriétaire. Rendre les clés à l’agence qui gère le bien démarre donc le compteur, situation courante quand le propriétaire a choisi de déléguer la gestion locative à une agence.
La forme n’est surtout pas décorative. Le 14 novembre 2019, la Cour de cassation a ainsi cassé une condamnation pour retard de restitution (pourvoi n° 18-17.729). Le motif tient en une ligne : les juges n’avaient pas constaté que les clés avaient été remises selon l’un de ces deux modes. Autrement dit, le locataire qui dépose son trousseau dans une boîte aux lettres un vendredi soir n’a aucune date opposable. Il tient donc sa créance, pas son chronomètre.
Le réflexe utile tient donc en deux lignes. Fais signer un récépissé daté au moment de la remise, ou envoie les clés en recommandé avec avis de réception. C’est ainsi la seule pièce qui transformera plus tard un agacement en décompte chiffré.
Un mois quand les deux états des lieux se superposent
L’alinéa 4 réduit le délai maximal à un mois lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée. Aucune dégradation constatée, aucune retenue à instruire, donc aucune raison de garder l’argent plus longtemps. En revanche, dans tous les autres cas, le bailleur dispose d’un délai de 2 mois pour chiffrer ce qu’il retient et restituer le reste.
Ce document mérite ton attention avant ta signature de sortie. L’article 3-2 de la même loi impose un état des lieux établi contradictoirement et amiablement par les parties. Quand il devient impossible, un commissaire de justice l’établit à l’initiative de la partie la plus diligente. Les parties sont alors averties au moins sept jours à l’avance par lettre recommandée, et les frais se partagent par moitié entre bailleur et locataire. Un locataire pressé qui signe un état des lieux de sortie contestable achète deux mois d’attente et une retenue à contester ensuite.
Sans ta nouvelle adresse, tu gardes ta créance et tu perds la pénalité
L’alinéa 3 se termine par une obligation qui passe inaperçue. Le locataire indique au bailleur ou à son mandataire, lors de la remise des clés, l’adresse de son nouveau domicile. L’alinéa 7 en tire la conséquence. La majoration de retard n’est pas due lorsque le défaut de restitution dans les délais vient de l’absence de transmission de cette adresse.
Il faut surtout lire la portée exacte de cette exception. Elle éteint la pénalité, pas la dette. Le dépôt reste donc dû, même dix-huit mois plus tard, même si tu as changé de ville sans prévenir. Ce que tu perds, c’est le levier financier qui pousse un bailleur lent à s’exécuter. Une ligne dans le procès-verbal de sortie, avec ton adresse et ton relevé d’identité bancaire, vaut donc plusieurs centaines d’euros de rapport de force.
La majoration de 10 %, son assiette et son compteur
La formule du texte tient en une phrase, et chacun de ses mots a un effet chiffré. À défaut de restitution dans les délais prévus, le dépôt de garantie restant dû au locataire est majoré d’une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard.
L’assiette est le loyer hors charges
En principal désigne le loyer hors charges, sans les provisions. Un logement facturé 750 euros de loyer et 90 euros de charges produit une majoration de 75 euros par période, pas de 84 euros. L’erreur paraît mineure sur un mois. Elle atteint 90 euros sur dix périodes, sur un dossier où chaque euro se discute.
Le texte ajoute ensuite une précision : la majoration porte sur le dépôt restant dû. Si le bailleur justifie des retenues qui absorbent la totalité du dépôt, il ne reste rien à restituer, donc rien à majorer. Autrement dit, la pénalité sanctionne la lenteur sur une somme réellement due, pas la contestation d’un décompte.
Une journée de dépassement coûte une période entière
Pour chaque période mensuelle commencée en retard est la mécanique la plus favorable au locataire de tout l’article. Les pages grand public parlent de mois de retard commencé, ce qui revient au même. Le compteur ne fonctionne pas au prorata des jours. Il s’incrémente d’un cran dès qu’une nouvelle période mensuelle s’ouvre, même si le virement arrive le lendemain. Chaque mois de retard entamé vaut donc un cran plein.
Un exemple rend la chose lisible. Les clés sont remises en main propre le 12 avril contre récépissé, l’état des lieux de sortie est conforme, l’échéance légale tombe donc le 12 mai. Un virement reçu le 13 mai déclenche ainsi une première période. Le même virement reçu le 20 juillet en déclenche finalement trois : du 13 mai au 12 juin, du 13 juin au 12 juillet, puis la période ouverte le 13 juillet.
Ce que le Conseil constitutionnel a tranché en février 2019
Le web répète que le locataire lésé cumule la majoration et les intérêts de retard. Cette lecture ne tient pas. Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité sur le septième alinéa de l’article 22, le Conseil constitutionnel l’a déclaré conforme à la Constitution le 22 février 2019 (décision 2018-766 QPC). Le raisonnement tient à la nature de la somme. Cette majoration est versée au locataire lésé et vise à compenser son préjudice. Elle a donc un caractère indemnitaire, et non punitif. Le Conseil relève ensuite un point décisif. Il résulte de la jurisprudence constante de la Cour de cassation que cette majoration ne peut se cumuler avec les intérêts moratoires au taux légal.
Deux conséquences pratiques en découlent donc. Le locataire ne gagne rien à empiler deux demandes dans son courrier. La qualification indemnitaire affaiblit en revanche l’argument du bailleur qui voudrait faire traiter cette somme comme une pénalité contractuelle excessive, même si la décision ne tranche pas cette question.
Le calcul complet, du premier jour de retard au doublement
Les trois régimes de la loi de 1989 ne traitent pas le dépôt de la même manière, et l’écart n’est pas là où tu l’attends.
| Régime | Plafond du dépôt | Délai de restitution | Majoration de retard |
|---|---|---|---|
| Location vide | 1 mois de loyer en principal (art. 22) | 1 mois si conforme, 2 mois sinon | 10 % d’un loyer mensuel par période entamée |
| Location meublée | 2 mois de loyer en principal (art. 25-6) | 1 mois si conforme, 2 mois sinon | 10 % d’un loyer mensuel par période entamée |
| Bail mobilité | Dépôt interdit (art. 25-17) | sans objet | sans objet |
L’article 25-3 rend l’article 22 applicable aux logements meublés, délais compris. Seul le plafond change : l’article 25-6 le porte à deux mois de loyer en principal. Sur le bail mobilité, l’article 25-17 tient en une phrase : aucun dépôt de garantie ne peut être exigé par le bailleur. L’article 25-13 oblige d’ailleurs le contrat à porter une mention qui informe le locataire de cette interdiction. La question de la restitution ne se pose donc pas.
Le barème période par période sur un loyer de 750 euros
L’asymétrie saute aux yeux une fois chiffrée. Voici la montée de la pénalité sur une location vide, avec un loyer de 750 euros hors charges et un dépôt de 750 euros.
| Périodes mensuelles entamées | Majoration cumulée | Total dû au locataire |
|---|---|---|
| 1 | 75 € | 825 € |
| 3 | 225 € | 975 € |
| 6 | 450 € | 1 200 € |
| 10 | 750 € | 1 500 € |
À la dixième période, la majoration égale le dépôt : le bailleur rend le double de ce qu’il détenait. Transpose maintenant en meublé. Le dépôt peut atteindre 1 500 euros pour le même loyer, mais l’assiette de la majoration reste un seul loyer mensuel, donc 75 euros par période. Il faut vingt périodes, soit un an et huit mois, pour que la pénalité rattrape la somme retenue. Le texte est deux fois moins dissuasif là où le propriétaire détient deux fois plus d’argent.
Ce barème applique le texte à la lettre. Devant un juge, c’est lui qui arrête le compte. La loi ne fixe d’ailleurs aucun plafond à cette majoration. C’est la prescription de trois ans qui borne la réclamation, pas un nombre maximal de périodes.
Immeuble collectif, la seule retenue que la loi tolère après l’échéance
L’alinéa 5 traite le cas d’un appartement en copropriété, où le décompte définitif des charges dépend d’une assemblée générale que le bailleur ne maîtrise pas. Le texte lui accorde une marge, et cette marge est étroite.
Le bailleur procède à un arrêté des comptes provisoire. Il peut ensuite conserver une provision plafonnée à 20 % du montant du dépôt de garantie, à condition qu’elle soit dûment justifiée. Cette provision court jusqu’à l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble. La régularisation définitive et la restitution du solde interviennent dans le mois qui suit l’approbation définitive des comptes. Les parties gardent la faculté de convenir amiablement de tout solder immédiatement.
Les trois pièges de la provision de 20 %
Trois pièges tiennent donc dans ces lignes. Le premier porte sur l’assiette : ces 20 % se calculent sur le dépôt, pas sur le montant des charges attendues. Le deuxième vise le reste de la somme. Les 80 % au moins qui ne sont pas provisionnés suivent en revanche le délai ordinaire d’un ou deux mois. L’attente de l’assemblée générale ne les suspend pas. Le troisième tient à la justification, puisque la provision doit être motivée et non posée par principe. Autrement dit, un bailleur qui conserve tout le dépôt en invoquant les comptes de l’immeuble est en retard sur au moins 80 % de la somme. Cela suffit à déclencher la majoration, qui reste forfaitaire à 10 % du loyer mensuel, période après période.
Côté bailleur, ce qui se retient et ce qui ne se retient pas
Le raisonnement inverse mérite le même sérieux. Un propriétaire qui gère lui-même son bien, y compris quand il pratique la gestion locative depuis l’étranger, a intérêt à instruire vite plutôt qu’à garder longtemps. Restituer le dépôt de garantie dans les temps coûte moins cher qu’un décompte bâclé défendu six mois plus tard.
Une retenue sans pièce justificative ne tient pas
Les alinéas 3 et 4 autorisent deux déductions : les sommes restant dues au bailleur, et celles dont il pourrait être tenu aux lieu et place du locataire. Le texte pose une condition, sous réserve qu’elles soient dûment justifiées. La page dédiée de service-public.fr, vérifiée le 9 juin 2026, énumère les pièces recevables. Elle cite les états des lieux d’entrée et de sortie, les photographies, le constat de commissaire de justice, les factures ou devis de travaux, et la lettre de réclamation de loyers impayés restée sans réponse.
Une retenue sur le dépôt annoncée par téléphone, un montant rond sans devis, une mention vague de remise en état du logement ne remplissent donc pas cette condition. Le bailleur qui prend deux mois pour produire un décompte solide tient mieux devant un juge que celui qui conserve l’intégralité du dépôt de garantie en trois jours sans pièce.
Le propriétaire peut ainsi conserver une partie du dépôt ou sa totalité, à hauteur de ce qu’il justifie. Trois motifs reviennent : un impayé de loyers ou de charges, un manque d’entretien avec des réparations locatives non faites, et les frais liés à une dégradation du logement. La dégradation imputable au locataire se distingue en revanche de la vétusté, et c’est sur cette frontière que se jouent la plupart des litiges.
Le dernier loyer ne se paie pas avec le dépôt
La tentation est connue, et elle coûte surtout cher au locataire. Celui qui part garde son dernier mois de loyer en se disant que le bailleur se remboursera sur le dépôt. Ce raccourci est pourtant illégal. Le loyer et les charges se paient à la date convenue jusqu’à la fin du bail, et rien n’autorise à en déduire le dépôt de garantie. Le propriétaire ne délivre alors aucune quittance et peut engager une saisie conservatoire.
Le résultat est mécanique. L’impayé devient une somme restant due, le bailleur la déduit du dépôt en toute légalité, et le locataire perd du même coup son levier. Sans dépôt restant dû, il n’y a plus de base à majorer. En refusant de payer un mois, tu offres donc au bailleur le droit de traîner sans rien risquer.
La vétusté reste à la charge du propriétaire
La vétusté se définit comme l’état d’usure ou de détérioration résultant du temps ou de l’usage normal du logement. Elle ne se confond pas avec une dégradation imputable au locataire, et elle ne se facture pas au départ. Depuis le 1er juin 2016, le décret n° 2016-382 permet aux parties de convenir d’une grille de vétusté dès la signature du bail. La liberté s’arrête là. Cette grille doit être choisie parmi celles issues d’un accord collectif de location ou d’un accord collectif local, jamais inventée pour l’occasion. Elle définit au minimum une durée de vie théorique et des coefficients d’abattement forfaitaire annuels, pour les principaux matériaux et équipements du logement.
Cette grille sert les deux camps. Le locataire ne paie donc pas une moquette de douze ans au prix du neuf. Le bailleur, de son côté, évite une discussion sans base au moment du décompte. Enfin, une grille se négocie à l’entrée, jamais à la sortie.
Si le logement a été vendu, le débiteur a changé
Le dernier alinéa de l’article 22 règle un cas fréquent et mal connu. En cas de mutation à titre gratuit ou onéreux des locaux loués, la restitution du dépôt de garantie incombe au nouveau bailleur. Toute convention contraire n’a d’effet qu’entre les parties à la mutation. Le locataire réclame donc à l’acquéreur, même si l’argent a été versé des années plus tôt au vendeur. L’acheteur d’un bien occupé qui néglige ce point hérite d’une dette qu’il n’a pas encaissée. Il hérite de la même façon d’un bail en cours et de ses contraintes, du régime fiscal des loyers aux obligations de décence énergétique.
Un dernier détail joue contre le locataire pendant toute la durée de la location. L’alinéa 6 précise que le dépôt ne porte pas intérêt à son bénéfice et ne se révise pas, ni en cours de bail ni au renouvellement. Trois ans d’inflation grignotent la somme sans compensation, et rien ne bouge avant la fin du bail. La majoration de retard est la seule contrepartie que la loi prévoit, et elle ne s’ouvre qu’après l’échéance.
Ce que tu fais quand l’argent n’arrive pas
La séquence pour récupérer son dépôt de garantie est balisée, et la sauter coûte du temps. Commence par une relance écrite simple. Il faut ensuite mettre en demeure le bailleur par lettre recommandée avec avis de réception. Rappelles-y la date de restitution des clés, le délai applicable et le décompte des périodes entamées.
La voie amiable est obligatoire jusqu’à 5 000 euros
La tentative amiable n’est plus facultative. L’article 750-1 du code de procédure civile l’impose pour toute demande en paiement n’excédant pas 5 000 euros, sous forme de conciliation, de médiation ou de procédure participative. La sanction est ensuite l’irrecevabilité, que le juge peut prononcer d’office. Le même texte prévoit des dispenses, par exemple l’urgence manifeste ou l’indisponibilité d’un conciliateur dans un délai manifestement excessif au regard des enjeux du litige. Or un dépôt de garantie de logement ordinaire passe rarement au-dessus de ce seuil. Aller droit au tribunal fait donc perdre plusieurs mois pour rien.
Deux guichets gratuits existent ensuite. Le conciliateur de justice se saisit par exemple en mairie ou en ligne. La commission départementale de conciliation est créée auprès du préfet par l’article 20 de la loi de 1989. Elle est compétente sur les litiges relatifs à l’état des lieux, au dépôt de garantie, aux charges locatives et aux réparations. Son avis tombe dans les deux mois de sa saisine. Enfin, si rien n’aboutit, le juge des contentieux de la protection connaît des litiges de baux d’habitation (code de l’organisation judiciaire).
Surveille enfin l’horloge de fond. L’article 7-1 de la loi de 1989 prescrit par trois ans toutes les actions dérivant d’un contrat de bail. Ce délai part du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. Le même réflexe de documentation vaut pour d’autres litiges de bail, par exemple quand tu contestes une passoire thermique en location.
Action à réaliser
- Ce soir, retrouve trois pièces : le procès-verbal de remise des clés avec sa date, l’état des lieux de sortie signé, et la dernière quittance qui distingue le loyer des charges.
- Sous 48 heures, pose la date d’échéance légale sur ton agenda, un mois ou deux mois après la remise des clés selon la conformité de l’état des lieux.
- Sous 7 jours après l’échéance dépassée, envoie une mise en demeure en recommandé avec le décompte chiffré des périodes entamées.
- Vérification : tu sais que c’est fait quand tu peux énoncer un montant unique, dépôt et majoration additionnés, sans avoir à rouvrir un dossier.
Le décompte des périodes se fait vite à la main, et il se fait encore plus vite en le dictant à un assistant. Voici la formulation qui donne un résultat exploitable plutôt qu’un cours de droit.
Le calendrier de sortie se prépare à l’entrée, quand tu compares les montants exigés selon le type de bail. C’est le moment où le budget d’un logement étudiant se joue, entre un mois de dépôt en vide et deux mois en meublé, avant même de parler de restitution.
Questions fréquentes sur le délai de restitution du dépôt de garantie
Le délai court-il si j’ai laissé les clés dans la boîte aux lettres de l’agence ?
L’article 22 fait partir le délai de la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en main propre ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. La Cour de cassation a censuré le 14 novembre 2019 une décision qui avait fait courir le délai sans que ce mode de remise soit constaté. Une clé déposée sans récépissé ni recommandé laisse donc le point de départ ouvert à la contestation.
La majoration de 10 % se cumule-t-elle avec des intérêts de retard ?
Non. Dans sa décision 2018-766 QPC du 22 février 2019, le Conseil constitutionnel a déclaré le septième alinéa de l’article 22 conforme à la Constitution en retenant que cette majoration, versée au locataire lésé, présente un caractère indemnitaire et non punitif. Il relève dans le même raisonnement qu’il résulte de la jurisprudence constante de la Cour de cassation que cette majoration ne peut se cumuler avec les intérêts moratoires au taux légal. Réclamer les deux ne double pas la somme.
Mon bailleur garde tout le dépôt en attendant l’assemblée générale, est-ce légal ?
Non. En immeuble collectif, l’article 22 autorise une provision qui ne peut excéder 20 % du montant du dépôt de garantie, dûment justifiée, jusqu’à l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble. Les 80 % au moins qui restent suivent le délai normal d’un ou deux mois, déduction faite des retenues justifiées. Le solde est versé dans le mois qui suit l’approbation définitive des comptes.
Les délais sont-ils les mêmes en location meublée ?
Oui. L’article 25-3 de la loi du 6 juillet 1989 rend l’article 22 applicable aux logements meublés, délais compris. Seul le plafond du dépôt change : l’article 25-6 le porte à deux mois de loyer en principal, contre un mois en location vide. La majoration de retard reste calculée sur un seul loyer mensuel, ce qui la rend deux fois moins dissuasive.
J’ai déménagé sans laisser d’adresse, mon dépôt est-il perdu ?
Le dépôt reste dû. L’article 22 prévoit que le locataire indique l’adresse de son nouveau domicile lors de la remise des clés, et que la majoration n’est pas due lorsque le défaut de restitution dans les délais vient de l’absence de transmission de cette adresse. La sanction porte sur la pénalité de retard, pas sur la créance elle-même.
Puis-je payer mon dernier mois de loyer avec le dépôt de garantie ?
Non, et c’est illégal. Le locataire doit payer l’intégralité du loyer et des charges à la date convenue jusqu’à la fin du bail, sans en déduire le dépôt de garantie. Le propriétaire peut refuser la quittance et engager une saisie conservatoire. La manœuvre se retourne aussi contre toi : l’impayé devient une somme restant due, le bailleur la déduit du dépôt, et il n’y a plus de base à majorer en cas de retard.
Combien de temps ai-je pour réclamer mon dépôt de garantie ?
Trois ans. L’article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 prescrit toutes les actions dérivant d’un contrat de bail par trois ans. Ce délai court du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. Pour une demande n’excédant pas 5 000 euros, l’article 750-1 du code de procédure civile impose aussi une tentative amiable avant la saisine du juge.