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Quelles études pour devenir riche ? La vraie réponse

Aucun diplôme ne rend riche. Données INSEE et Céreq à l'appui : les cursus qui paient vraiment, et le seul levier qui construit un patrimoine.

Quelles études pour devenir riche : ce que disent les chiffres
Dans cet article

Quelles études pour devenir riche ? La vraie réponse

Les plus grandes fortunes françaises ne se sont pas bâties sur un bulletin de salaire : Bernard Arnault est ingénieur de formation (Polytechnique), Xavier Niel a arrêté l’école après le bac — leur point commun, c’est d’avoir possédé des entreprises, pas d’avoir touché de gros salaires. Conclusion brutale mais utile : aucune étude ne te rendra riche. Certains cursus augmentent ton salaire de départ — écoles d’ingénieurs et de commerce du haut de tableau, doctorats scientifiques, masters droit-éco-finance — mais un salaire n’est qu’un point de départ. Ce qui construit un patrimoine, c’est l’écart entre ce que tu gagnes et ce que tu dépenses, multiplié par le temps et par le rendement de tes placements. Voici ce que disent vraiment les chiffres, et comment choisir tes études en conséquence.

1. La richesse, ce n’est pas un salaire — ce que montrent les chiffres

On confond systématiquement « bien gagner sa vie » et « être riche ». Les deux n’ont presque rien à voir, et les statistiques publiques le disent sans ambiguïté.

Début 2021, les 1 % de ménages les mieux dotés en patrimoine possédaient plus de 2,2 millions d’euros chacun, et détenaient à eux seuls 15 % du patrimoine brut total des ménages français (INSEE — Les hauts patrimoines). Surtout : 55 % d’entre eux sont des indépendants, et parmi eux, près d’un sur deux possède au moins une entreprise qu’il dirige — pour une valeur moyenne de 2,5 millions d’euros. Leur patrimoine professionnel, c’est à 82 % la valeur de leurs sociétés. Côté revenus, pour ce 1 %, près de la moitié provient du patrimoine et un cinquième de l’activité d’indépendant. Le salariat n’est pas leur moteur.

L’Observatoire des inégalités le résume à sa façon : être riche en revenus et être riche en patrimoine, ce sont deux choses différentes — et c’est le patrimoine qui fait les vraies fortunes. Un salaire est linéaire et plafonné : même un cadre dirigeant dépasse rarement 150 000 à 200 000 € par an, et après impôts et train de vie, ça ne fait pas un patrimoine de plusieurs millions sur une vie de travail. La valeur d’une entreprise ou d’un portefeuille d’actifs, elle, n’a pas de plafond et se capitalise. C’est la différence de nature qu’aucune brochure d’école ne te montrera.

2. Les diplômes qui paient le mieux à la sortie (et de combien)

Si tu veux quand même optimiser ton salaire de départ — ce qui est légitime —, autant connaître les chiffres réels plutôt que les fantasmes des classements marketing.

L’enquête Génération du Céreq (le Centre d’études et de recherches sur les qualifications) suit les jeunes trois ans après leur sortie du système éducatif. Ce qu’elle montre :

  • Tous diplômés du supérieur confondus, le salaire net médian tourne autour de 1 630 € pour le premier emploi et grimpe à 2 000 € pour un bac+5 trois ans après.
  • Les diplômés d’écoles d’ingénieurs sont en tête : salaire net médian d’environ 2 330 €/mois, près de 90 % en CDI, ~4 % de chômage seulement.
  • Les docteurs en sciences font jeu égal voire mieux : autour de 2 430 €/mois.
  • Les écoles de commerce du haut de tableau offrent des rémunérations de départ comparables, avec un effet « réseau » qui se voit surtout après quelques années.
  • Les masters d’université en sciences, informatique, droit, économie, gestion : entre 1 800 et 2 300 €/mois.
  • Les filières lettres, langues, arts et sciences humaines ferment la marche, avec des salaires de début sensiblement plus faibles et une insertion plus lente.

Deux nuances qui comptent autant que le salaire. D’abord l’employabilité : 12 % des titulaires d’un master d’université sont au chômage trois ans après, contre 4 % des ingénieurs. Ensuite l’établissement : à diplôme identique, l’écart de salaire médian entre une université très demandée et une autre peut dépasser 15 000 € par an. Le « papier » ne dit pas tout, mais il n’est pas neutre.

À retenir : un salaire de départ élevé, ce n’est pas la richesse — c’est une avance sur la courbe d’épargne. C’est sa vraie valeur. Le reste se joue ailleurs.

3. Pourquoi un gros salaire ne te rend pas riche : l’inflation du train de vie

J’ai croisé des gens à 8 000 € par mois qui n’ont pas trois mois de dépenses devant eux. Le phénomène a un nom : l’inflation du train de vie. Le salaire monte, les dépenses suivent, le taux d’épargne ne bouge pas — ou baisse.

Fais le calcul. Un cadre qui gagne 6 000 € net et en dépense 6 000 € a un patrimoine qui n’avance pas. Un enseignant à 2 800 € qui en met 900 de côté chaque mois, placés à 5 % de rendement réel (c’est-à-dire après inflation), se retrouve avec environ 730 000 € au bout de 30 ans grâce aux intérêts composés. À 500 €/mois, c’est ~400 000 €. À 1 500 €/mois, c’est ~1,2 million. Le bouton qui change tout, c’est le taux d’épargne — pas le salaire.

Le revenu compte, évidemment : on ne met pas 40 % de côté quand on gagne 1 200 €. Mais au-delà d’un seuil de confort, chaque euro de salaire supplémentaire qui part en dépenses ne fait rien pour ton patrimoine. C’est exactement le constat du frugalisme : maîtriser ses dépenses rapporte plus, et plus vite, que courir après une augmentation. Choisir ses études uniquement pour le salaire de départ, sans rien changer à sa façon de gérer l’argent derrière, c’est optimiser la mauvaise variable.

4. Les études vraiment « rentables » : compétences à forte marge et indépendantes

La bonne question n’est pas « quel diplôme rapporte le plus » mais : « quelle compétence puis-je vendre cher, et un jour à mon compte ? »

Les cursus qui se transforment le mieux en capacité à bâtir un patrimoine sont ceux qui donnent une compétence à forte marge, en demande durable, et exerçable en indépendant ou comme fondateur : développement logiciel et data, finance et comptabilité, droit des affaires, ingénierie, santé (en libéral), marketing et vente, design — et certains métiers manuels en pénurie (artisanat du bâtiment, soudure, plomberie-chauffage…). Ce n’est pas un hasard si l’INSEE retrouve les artisans et commerçants nettement sur-représentés parmi les hauts patrimoines : un savoir-faire rare + une structure à soi, ça se capitalise.

Le point commun de ces voies : une marge élevée, une demande qui ne s’effondre pas, et la possibilité réelle de passer à son compte ou de créer une boîte. À l’inverse, une compétence qui n’existe qu’à l’intérieur d’une grande organisation — et qui ne vaut plus rien sans elle — pèse moins lourd dans ton patrimoine. C’est le piège du diplôme de management généraliste : il se vend très bien sur un CV à 23 ans, beaucoup moins à 40 si tu ne t’es pas spécialisé entre-temps.

La fameuse tension « passion contre métier lucratif » est réelle, mais elle se résout : choisis un domaine où tu iras en profondeur (c’est la profondeur qui paie, pas le diplôme), à l’intersection entre une demande solide et ce que tu peux supporter de faire dix ans. Action concrète : avant de t’inscrire quelque part, va lire les offres d’emploi pour un profil à 5–10 ans d’expérience dans le domaine visé — pas la plaquette de l’école. Tu y verras les vrais salaires, les vraies compétences demandées, et si le marché tire ou pas.

5. Entrepreneuriat : la voie statistiquement majoritaire vers les gros patrimoines

Si tu regardes qui est vraiment riche en France, ce ne sont pas les salariés les mieux payés. Ce sont les patrons. Et là, ce n’est pas une opinion, c’est l’INSEE : 55 % des 1 % de ménages les mieux dotés en patrimoine sont des indépendants, 24 % comptent au moins un chef d’entreprise, et leur patrimoine professionnel est à 82 % constitué de la valeur des sociétés qu’ils possèdent. Chez les hauts patrimoines en général, 14 % sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise — contre 5 % dans l’ensemble des ménages.

Donc si l’objectif est littéralement « devenir riche » au sens patrimonial (2 millions et plus), la donnée est claire : il faudra posséder quelque chose — une entreprise, du capital productif. Un salaire, même très élevé, n’y mène quasiment jamais seul.

Quelles études aident à ça ? Celles qui t’apprennent à construire et vendre quelque chose : tech, ingénierie, design, marketing, gestion appliquée — ou qui te donnent un métier exerçable en libéral (santé, droit, expertise comptable, conseil). Et, la statistique le confirme : un métier manuel solide + une structure artisanale est une voie sérieuse, pas un lot de consolation. À l’inverse, tu n’as pas besoin d’un diplôme pour entreprendre — Xavier Niel s’en est passé — mais une compétence dure et un réseau (ce que de bonnes études fournissent) augmentent nettement tes chances.

La nuance honnête : l’entrepreneuriat, c’est aussi là que se concentrent les échecs. Le 1 % qui a réussi est visible ; ceux qui se sont plantés ne le sont pas. C’est un pari, pas une recette. Si tu le tentes, fais-le avec une compétence vendable en poche et une épargne de précaution — pas à la place de.

6. Ce que ton diplôme ne t’apprendra (presque) jamais : gérer, épargner, investir

Tu peux sortir major d’une école de commerce sans savoir ce qu’est un ETF, comment fonctionne le PFU, ou pourquoi un crédit immobilier sur 25 ans est rarement une affaire. L’éducation financière est l’angle mort du système scolaire français — au point que la Banque de France a dû créer un portail dédié, La finance pour tous, pour combler le trou.

Or les trois leviers qui font réellement bouger ton patrimoine ne sont enseignés dans presque aucun cursus :

  1. Le budget — savoir où va ton argent et automatiser ton épargne (te payer toi-même en premier, dès la paie tombée). Voir comment gérer son budget efficacement.
  2. L’épargne de précaution — trois à six mois de dépenses de côté. C’est la condition pour pouvoir prendre des risques ensuite (changer de job, lancer un projet) sans tout faire exploser.
  3. L’investissement — des placements diversifiés (ETF actions monde via un PEA, immobilier, fonds euros…), en raisonnant en rendement réel (après inflation) et après fiscalité — le prélèvement forfaitaire unique est passé à 31,4 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 —, et sur une durée longue. Voir où placer son argent.

Ça, tu l’apprends seul : livres, blogs sérieux, et surtout en faisant. Le diplôme te donne (parfois) le revenu ; ce que tu fais de ce revenu ne dépend que de toi.

Action concrète : demande à une IA (Claude, par exemple — toutes ont accès à internet aujourd’hui) : « Construis-moi un budget mensuel à partir de ces dépenses : [colle tes relevés]. Repère 3 postes où je peux récupérer 10 % sans changer mon niveau de vie, et calcule ce que ça donne placé à 5 % réel sur 25 ans. » Tu verras concrètement de quoi on parle.

7. Mon parcours : ni grande école, ni gros salaire

Je donne cet avis avec un certain recul, parce que je n’ai jamais eu le profil « bien parti pour devenir riche ». Mes diplômes : un DUT Génie électrique, une licence de Commerce Industriel, un master en audiovisuel. Pas HEC, pas Polytechnique. Ensuite : plus de 18 ans d’intermittence du spectacle pour des chaînes de télévision — la précarité, la vraie, avec un passage par le RMI à une période (je ne le cache pas).

Le déclic est venu en lisant Père riche, père pauvre de Robert Kiyosaki : la distinction entre un actif (ce qui te met de l’argent dans la poche) et un passif (ce qui t’en sort). Je suis devenu minimaliste par nécessité — réduire les dépenses, créer des sources de revenus alternatives pour survivre. Ma pire erreur, je l’assume : avoir acheté ma résidence principale en premier, avant tout autre investissement — ce qui a gelé toute ma capacité d’épargne et d’emprunt dans un bien qui ne rapportait rien (j’en parle ici). Je l’ai revendue ensuite, pour basculer vers l’investissement locatif.

Aujourd’hui, mon parc immobilier — des box, des parkings, des appartements — me rapporte environ 2 000 €/mois de loyers (chiffre que j’ai cité dans Mieux Vivre Votre Argent), j’ai des placements en Bourse via des ETF, et j’ai publié en 2021 Un salaire sans rien faire (ou presque) aux éditions Robert Laffont. La leçon ? Ce n’est pas le diplôme. C’est ce que tu fais de tes revenus, quels qu’ils soient — et le fait de ne pas attendre la permission de qui que ce soit pour t’y mettre.

8. Le bon objectif : pas « devenir riche », mais « ne plus dépendre d’un patron »

« Devenir riche » est un objectif flou, et il rend malheureux la plupart de ceux qui le poursuivent — parce qu’il n’a pas de ligne d’arrivée. Il y en a un meilleur, plus précis et atteignable : être au clair sur tes finances, et ne plus être à la merci d’un employeur qui maltraite. Ça, oui, c’est faisable avec un revenu moyen.

Le chemin : un taux d’épargne élevé (le frugalisme), une épargne de précaution, un investissement de long terme, et une diversification de tes sources de revenus pour ne plus dépendre d’un seul flux. Choisir ses études dans cette optique, c’est viser un métier qui (a) te paie correctement, (b) que tu peux exercer ailleurs ou à ton compte, (c) que tu peux supporter dix ans — pas « le diplôme le plus prestigieux du classement ». Et si tu veux vraiment viser la richesse patrimoniale, relis le point 5 : la donnée est sans appel, il faudra posséder quelque chose.

Le diplôme ouvre des portes. Il ne traverse pas la pièce à ta place. Pour aller plus loin sur la mécanique — pourquoi « être riche » ne veut pas dire ce que tu crois, comment atteindre la liberté financière en 2026, en finir avec la peur de manquer d’argent — les liens sont là pour ça.

FAQ — Questions fréquentes

Quelles études faut-il faire pour devenir riche ?

Aucune étude ne rend riche à elle seule. Les cursus les mieux payés trois ans après le diplôme sont les écoles d’ingénieurs (~2 330 € net/mois), les écoles de commerce du haut de tableau, les doctorats scientifiques et les masters en sciences, informatique, droit, économie ou gestion (1 800 à 2 300 €), d’après le Céreq. Mais le salaire n’est pas la richesse : selon l’INSEE, 55 % des 1 % de ménages les mieux dotés en patrimoine sont des indépendants, et leur fortune tient surtout à la valeur des entreprises qu’ils possèdent.

Quel est le diplôme le mieux payé en France ?

Trois ans après la sortie d’études, les diplômés d’écoles d’ingénieurs et les docteurs en sciences arrivent en tête, avec un salaire net médian d’environ 2 330 à 2 430 €/mois, devant les masters d’université (~2 000 €) et loin devant les filières lettres, langues et arts. À long terme, la finance, le conseil et la tech creusent encore l’écart. Source : Céreq, enquête Génération.

Peut-on devenir riche sans diplôme ?

Oui. Une partie des grandes fortunes françaises se sont bâties sans diplôme du supérieur — Xavier Niel a arrêté l’école après le bac. Le point commun des très hauts patrimoines, ce n’est pas le diplôme : c’est la possession d’une entreprise. Un bon cursus augmente tes chances (compétence rare, réseau), mais il n’est pas obligatoire.

Faut-il faire une école de commerce pour devenir riche ?

Une école de commerce du haut de tableau améliore ton salaire de départ et ton réseau, ce qui aide. Mais un diplôme de gestion généraliste sans compétence dure perd de la valeur avec l’âge, et aucune école de commerce n’a jamais rendu personne riche à elle seule : ce qui construit un patrimoine, c’est ce que tu fais de ton épargne et le fait, un jour, de posséder du capital.

Combien gagne-t-on avec un master ?

En moyenne, environ 2 000 € net/mois trois ans après un bac+5 — avec un écart important : 1 800 à 2 300 € pour les masters sciences, informatique, droit, économie ou gestion, moins pour les sciences humaines et les lettres. À noter : 12 % des titulaires d’un master d’université sont au chômage trois ans après, contre 4 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs (Céreq).

Quel métier permet de devenir millionnaire ?

Statistiquement : posséder une entreprise. 24 % des 1 % de ménages les mieux dotés en patrimoine comptent au moins un chef d’entreprise, et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont près de trois fois sur-représentés parmi les hauts patrimoines (INSEE). Les métiers salariés très bien payés (finance, chirurgie, droit des affaires, tech) aident à financer le parcours, mais atteignent rarement seuls un patrimoine de plus de 2 M€.

Les études d’économie ou de finance rendent-elles riche ?

Elles paient au-dessus de la moyenne à la sortie et enseignent des notions utiles, mais non : savoir comment fonctionnent les marchés ne rend pas riche, pas plus que savoir comment marche un moteur ne fait de toi un garagiste. La richesse vient de l’application — taux d’épargne élevé, investissement de long terme, et idéalement possession d’actifs.


Sources : INSEE — Les ménages à haut patrimoine et haut niveau de vie ; INSEE — Les montants de patrimoine détenus par les ménages en 2024 ; Céreq — enquêtes Génération (insertion des jeunes) ; Observatoire des inégalités — Rapport sur les riches en France ; La finance pour tous (Banque de France).

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