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Gestion passive : pourquoi l'indice bat le gérant

Gestion passive en 2026 : ETF indiciels, frais réels, fiscalité PEA/CTO, risque français. La méthode chiffrée pour construire un portefeuille qui résiste.

Tableau de cotation électronique d'une place boursière affichant les cours de centaines de valeurs cotées en temps réel, le marché mondial que suit une gestion passive indicielle

Sommaire et méthode

Dans cet article

L'essentiel

Ta banque te présente chaque année le classement de ses meilleurs fonds. La gestion passive n’intéresse pas ton conseiller : elle ne génère aucune commission. Ce qu’il ne te dit pas : sur dix ans, entre 85 et 98 % de ces fonds font moins bien qu’un simple indice. Ceux qui ont coulé ont déjà disparu du catalogue. Les survivants se retrouvent en tête par sélection naturelle, pas par talent. C’est le biais du survivant, et il te coûte plus cher qu’un mauvais placement.

La gestion passive désigne une stratégie d’investissement qui réplique mécaniquement un indice boursier large, sans tentative de sélection de titres ni de market timing. Tu achètes l’ensemble du marché via un fonds d’investissement (un tracker, ou exchange traded funds (ETF)), à coût minimal. Les ETF se contentent de répliquer la composition du marché, sans paris ni promesses. Ta performance suit donc celle du marché, ni plus ni moins.

Ce que la gestion passive veut dire réellement

Cette approche repose sur une hypothèse vérifiée par Eugene Fama, prix Nobel en 2013 : les marchés sont efficients. Autrement dit, ils intègrent l’information disponible assez rapidement pour qu’aucun gérant ne puisse dégager un avantage durable par la seule analyse. Cette hypothèse ne signifie certes pas que les marchés sont parfaits. Elle dit en revanche que les battre de façon répétée et nette de frais relève de la chance plus que du talent.

Un tracker MSCI World détient environ 1 500 entreprises dans 23 pays développés. Tu n’anticipes pas si Apple surpassera Microsoft. Tu ne paries pas sur un pays contre un autre. Le panier détient tout, proportionnellement à la capitalisation boursière de chaque société. Ainsi, quand le moteur économique mondial avance, tes avoirs progressent avec lui.

Cette méthode répond à une question simple : l’expertise d’un gérant vaut-elle le surcoût qu’il facture ? Les données répondent non, massivement, depuis trente ans. Les défenseurs des fonds gérés activement croient pourtant le contraire. En revanche, la gestion indicielle court-circuite cette question. Elle reproduit la performance d’un indice de marché à faible coût, sans équipe de gestion à rémunérer. La différence tient aux frais, pas au talent.

L’efficience des marchés financiers expliquée simplement

Cette théorie, formulée par Eugene Fama, tient en une phrase : le prix d’une action reflète déjà, à chaque instant, toute l’information publique disponible. Quand un fait nouveau tombe, des milliers d’acheteurs et de vendeurs l’intègrent en quelques secondes. Le cours s’ajuste avant que tu aies fini de lire l’article. Personne ne dispose d’un avantage d’information durable, sauf à franchir la ligne rouge du délit d’initié.

Cette idée a une conséquence brutale pour ton argent. Si le marché digère l’information aussi vite, payer un professionnel pour la décoder à ta place ne crée aucune valeur nette. Tu rémunères une expertise que le prix a déjà absorbée. C’est exactement ce que mesure trois décennies de données : après frais, le pari sur le talent perd contre le simple fait de tout acheter.

Ce que cette efficience change pour ton allocation

Si battre le marché relève de la chance, alors ta seule décision rationnelle consiste à le détenir en entier, au coût le plus bas possible. Un tracker mondial le fait pour 0,2 % par an. C’est le socle d’une stratégie de gestion patrimoniale sobre. Tu cesses de chercher le bon titre ou le bon moment. Tu te concentres sur les deux variables qui dépendent de toi : le montant que tu épargnes et les frais que tu refuses de payer.

Cette logique ne relève pas d’une mode passagère de la gestion de patrimoine. Elle est la conclusion d’un débat tranché depuis trente ans : sur des marchés profonds et largement couverts, l’humilité rapporte plus que la prétention. Les rares gérants qui battent durablement leur référence existent, mais les identifier à l’avance reste statistiquement hors de portée.

Pourquoi 90 % des fonds de gestion active perdent contre un indice passif

Sur dix ans, entre 85 et 98 % des fonds d’actions font moins bien que l’indice qu’ils prétendent battre, selon la catégorie. Le chiffre atteint 85 % pour les fonds actions Europe, 98 % pour les produits actifs mondiaux (source : SPIVA Europe Year-End 2024, S&P Dow Jones Indices). Pour le S&P 500, le chiffre dépasse 95 % sur les grandes capitalisations américaines (Vanguard research). Ce ne sont pas des sondages : ce sont les données de performance réelle de toute l’industrie.

La mécanique est mathématique. L’ensemble de ces produits, pris comme groupe, est le marché. Les gérants actifs s’échangent des titres entre eux. Pour chaque acheteur qui gagne un point de surperformance, un vendeur perd un point. Avant frais, le fonds actif moyen égale exactement le marché. Après frais de 2 %, les sociétés de gestion livrent donc 2 % de moins que leur référence chaque année. Cette règle ne comporte aucune exception logique. En conséquence, les investisseurs qui cherchent à dépasser la moyenne paient pour obtenir un résultat inférieur.

La pression comportementale aggrave le problème. Le professionnel subit des classements trimestriels, des clients qui appellent pendant les crises, une hiérarchie qui exige de l’action. Cette pression le pousse à vendre ce qui baisse et acheter ce qui monte, l’inverse de ce que la logique long terme recommande. Or les études sur le comportement des épargnants montrent que le particulier reproduit ce même biais. Il achète après la hausse, vend après la baisse, et se ruine dans l’écart. L’approche passive élimine ce biais par construction, car elle retire la décision de l’équation.

La preuve par les chiffres : 10 000 euros depuis 2003

Trois trajectoires réelles sur vingt-trois ans

Voici un épargnant qui place 10 000 euros au 1er janvier 2003 et ne touche plus à rien jusqu’en 2026. Trois trajectoires possibles, corrigées de l’inflation :

  1. Ne rien faire (compte courant non rémunéré) : l’inflation de l’ordre de 2 %/an rogne le pouvoir d’achat. En 2026, les 10 000 euros de 2003 ne valent donc plus que 7 502 euros en termes réels.
  2. Confier l’argent à un fonds actif d’actions mondiales via une banque française, avec des frais de 2 %/an typiques des SICAV ou des unités de compte (UC) standard : 10 841 euros.
  3. Acheter un tracker mondial à 0,3 % de frais : 22 023 euros.

L’écart entre le fonds actif et le tracker passif atteint 11 182 euros sur une mise de départ de 10 000 euros. Cet écart ne mesure aucune incompétence. Il mesure en effet uniquement l’effet des frais composés sur vingt-trois ans.

Pour mesurer cet effet boule de neige sur ta propre mise, utilise la calculatrice d’intérêts composés. Elle chiffre la trajectoire de ton capital selon ton versement mensuel, ton rendement et ton horizon de placement.

10 000 euros investis en 2003 : trois trajectoires à fin 2026 Tracker mondial à bas coût : 22 023 euros. Fonds actif bancaire : 10 841 euros. Ne rien faire : 7 502 euros. 10 000 € en 2003 → résultat 2026 (corrigé inflation) Tracker à bas coût (0,3 % de frais) 22 023 € Fonds actif bancaire (2 % de frais) 10 841 € Ne rien faire (inflation) 7 502 €
Source : simulation lefrugalisme.com sur données historiques marchés actions mondiaux 2003-2026, rendement brut ~8 %/an, inflation ~2 %/an. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Pour aller plus loin sur la méthode d’accumulation progressive, l’article sur le DCA (Dollar Cost Averaging, versement programmé mensuel) détaille la mécanique complète.

Frais de gestion : le vrai coût caché de la gestion active et l’avantage passif

Ce que ta banque te prélève sans te le montrer

La plupart des épargnants ignorent les frais de gestion qu’ils paient. Les relevés bancaires affichent une performance nette, jamais le montant en euros prélevé. Un fonds actif d’actions distribué par une grande banque de détail prélève entre 1,8 et 2,5 % de frais de gestion annuels totaux. Cette fourchette combine en effet plusieurs postes. La rémunération des gérants (0,8 à 1,2 %), les rétrocessions au réseau bancaire (0,5 à 0,8 %), et les frais de transaction internes au fonds. Ces derniers ne sont pas inclus dans le ratio affiché. Réduire les frais constitue donc la seule variable d’ajustement 100 % dans ta main. Un tracker, lui, suit le marché sans état d’âme et sans facture cachée.

Le calcul concret sur 20 ans : gestion passive contre fonds actif

Un tracker passif prélève entre 0,12 et 0,40 % de frais annuels, exprimés en TER (Total Expense Ratio). L’écart minimal avec un fonds actif s’élève donc à 1,4 point de pourcentage par an. Sur un capital de 100 000 euros placés à 8 % de rendement brut pendant vingt ans, la différence est la suivante :

  • Tracker passif (0,3 % de frais) : 466 000 euros
  • Fonds actif (2 % de frais) : 321 000 euros
  • Écart : 145 000 euros
100 000 euros à 8 %/an sur 20 ans : tracker passif vs fonds actif Tracker à bas coût : 466 000 euros. Fonds actif à 2 % de frais : 321 000 euros. Écart : 145 000 euros partis en frais. 100 000 € à 8 %/an, 20 ans Tracker à bas coût (0,3 % de frais) 466 000 € Fonds actif (2 % de frais) 321 000 € (−145 000 € de frais)
Tracker passif vs fonds actif : 100 000 € sur 20 ans. Source : calcul lefrugalisme.com. Rendement brut 8 %/an, frais tracker 0,3 %, frais fonds actif 2 %. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À qui profitent ces 145 000 euros perdus ?

Ces 145 000 euros ne rémunèrent pas une compétence. Les données SPIVA montrent que le fonds actif livrait une performance inférieure à l’indice de référence. Le différentiel de capital part ainsi dans les frais de distribution, les bonus des gérants et les marges bancaires.

Je ne suis pas conseiller financier (CIF) et cet article ne constitue pas un conseil personnalisé. Je le détaille dans mon manuel sur les mécaniques de l’investissement. La seule variable entièrement sous ton contrôle est le niveau de frais que tu acceptes de payer. C’est là que la bataille se gagne, pas sur le choix du bon titre.

Pour poser les bases, la formation complète pour gérer ton PEA pas à pas couvre l’ouverture, le choix du courtier et les premiers ordres.

Diversification mondiale : l’argument de résilience en 2026

Pourquoi concentrer ton épargne sur la France est un pari risqué

La diversification géographique n’est plus seulement un outil de performance. En 2026, c’est avant tout un argument de résilience face au risque spécifique français. Un investisseur concentré sur le CAC 40 parie sur une seule économie nationale, fortement endettée, avec une fiscalité en progression constante.

La dette publique française dépasse 3 400 milliards d’euros (3 460 Mds € fin 2025, source INSEE, mars 2026). Le déficit s’est établi à 5,1 % du PIB en 2025 (source INSEE, mars 2026). Les prélèvements obligatoires atteignent parmi les niveaux les plus élevés de l’OCDE. Dans ce contexte, la ponction sur l’épargne privée n’est pas un scénario catastrophiste. C’est une variable de politique fiscale que les gouvernements successifs n’ont pas exclue. Or l’assurance-vie en fonds euros investit majoritairement en dette d’État française. Un plan d’épargne logement (PEL) ou un livret réglementé repose sur la même signature.

Ce que les données long terme valident sur la gestion passive mondiale

Détenir un tracker MSCI World via cette approche, c’est participer simultanément à plusieurs moteurs de croissance. La pharmaceutique suisse, la productivité industrielle taïwanaise, l’innovation logicielle californienne, le développement des infrastructures indiennes. Aucune décision de l’Assemblée nationale ne peut amputer directement ces actifs. Les fonds passifs libellés en devises multiples capturent le rendement des marchés mondiaux, et non celui d’un seul pays.

Les données historiques valident cette logique sur le très long terme. Entre 1900 et 2022, les actions mondiales ont délivré environ 8 % par an en nominal, soit 5 % net d’inflation. Ce chiffre intègre notamment deux guerres mondiales, la Grande Dépression, plusieurs crises pétrolières, la bulle Internet et la crise de 2008. La probabilité de perdre de l’argent sur un horizon de placement supérieur à quinze ans se rapproche de zéro. C’est ce que mesurent les données boursières américaines depuis 1870, nettes d’inflation. C’est la référence sur le long terme pour une stratégie simple et peu coûteuse.

La comparaison avec un épargnant japonais illustre concrètement le risque de concentration nationale. Ayant concentré son capital sur le Nikkei en 1989, il n’a retrouvé son niveau nominal qu’en 2024, trente-cinq ans plus tard. Une allocation mondiale passive traversait en revanche cette même période avec une performance positive, portée par les marchés américain, européen et émergent.

Les arbitrages entre actions, obligations, immobilier et autres supports par classes d’actifs font l’objet d’un guide dédié : diversifier son épargne.

Fiscalité 2026 : choisir la bonne enveloppe pour ton allocation passive

La performance brute d’une allocation passive ne vaut que nette d’impôts. En effet, l’enveloppe fiscale que tu choisis pèse autant que ton plan de placement à long terme.

PEA, CTO, assurance-vie : le comparatif pour tes trackers

Le PEA (plan d’épargne en actions) reste la priorité absolue. Après cinq ans de détention, les retraits ne supportent que les prélèvements sociaux (PS) de 18,6 %, sans impôt sur le revenu supplémentaire. Sur un compte-titres ordinaire (CTO), le PFU atteint 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS). L’écart de rendement net entre PEA et CTO génère des dizaines de milliers d’euros de différence sur vingt ans. Le plafond de versement est de 150 000 euros. Remplis le PEA en priorité.

Le CTO prend le relais au-delà du plafond PEA ou pour les trackers non éligibles (obligations internationales, marchés émergents purs, immobilier coté étranger). Le PFU de 31,4 % s’applique. En contrepartie, l’absence de contrainte de retrait préserve la liquidité totale du capital.

L’assurance-vie apporte deux avantages. D’abord, un abattement successoral de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans. Ensuite, une fiscalité réduite après huit ans : 17,2 % de PS au-delà de l’abattement annuel de 4 600 euros. Les frais du contrat s’ajoutent toutefois à ceux du tracker. Une assurance-vie compétitive prélève environ 0,5 % de frais de contrat par an. Avec un fonds à 0,3 %, le total monte à 0,8 ou 0,9 %. Ce surcoût ampute la performance sur vingt ans. En pratique, l’assurance-vie se justifie pour la transmission, pas pour la performance pure d’une allocation à bas coût.

Le PER (plan d’épargne retraite) présente un intérêt réel dans un cas précis. Ta TMI (tranche marginale d’imposition) est au moins 30 % aujourd’hui et tu anticipes une TMI inférieure à la retraite. En contrepartie, le capital est bloqué jusqu’à la retraite, hors exceptions légales. Les versements déductibles créent un levier fiscal immédiat. Certains contrats proposent une gestion pilotée. En pratique, les frais supplémentaires de ce pilotage gomment souvent l’avantage de la sécurisation automatique.

L’ordre optimal pour une stratégie passive en 2026

  1. Remplis le PEA avec des trackers éligibles (MSCI World capitalisant).
  2. Complète avec un CTO pour les expositions non disponibles en PEA.
  3. Utilise l’assurance-vie pour la transmission patrimoniale si ton patrimoine le justifie.
  4. Active le PER uniquement si ta TMI est de 30 % ou plus avec une projection de descente à la retraite.

Pour choisir quel tracker loger dans ton PEA, le comparatif du meilleur tracker MSCI World éligible PEA passe en revue les options concrètes avec leurs TER et émetteurs.

Passif ne veut pas dire inactif à 100 % : le rebalancing du portefeuille

Cette stratégie n’implique pas l’absence totale d’intervention. Elle délègue l’allocation à une règle mécanique, dont le rebalancing annuel constitue la seule action délibérée. En contrepartie, elle supprime toute décision émotionnelle en cours d’année.

Un épargnant vérifie calmement la performance de ses trackers sur un ordinateur portable, une tasse de café à côté, illustration du suivi annuel sans stress d'une allocation passive à bas coût
Le suivi d'une stratégie passive tient en une révision annuelle des pondérations, café à la main. Le reste de l'année, tu laisses le marché travailler.

Une allocation classique à 70 % actions mondiales et 30 % obligations ne reste jamais dans ces proportions. Si les actions progressent de 20 % sur un an et les obligations de 2 %, la pondération bascule mécaniquement à 73/27. Sans correction, la concentration augmente année après année, sans que tu l’aies voulu. Le profil de volatilité se dégrade silencieusement.

Le rebalancing consiste à vendre une fraction des actifs qui ont surperformé pour racheter ceux qui ont sous-performé. Il restaure ainsi les pondérations initiales. Cette discipline force mécaniquement à vendre cher et acheter bas. Elle inverse ainsi le biais comportemental naturel. Par ailleurs, Vanguard quantifie ce gain ajusté du risque à environ 0,15-0,25 % par an (source : Vanguard Research, The Rebalancing Edge, 2024). Aucun frais de surperformance n’est facturé.

La fréquence annuelle offre le meilleur équilibre entre discipline et coûts. Une date fixe choisie à l’avance (par exemple le premier lundi de janvier) retire toute subjectivité à l’opération. Ainsi, quand les marchés plongent de 30 % et que l’instinct crie de tout vendre, c’est la date inscrite dans ton calendrier qui décide à ta place.

Définir ton allocation selon ta tolérance au risque

Ta capacité à encaisser une baisse détermine ton allocation d’actifs initiale. Elle résulte d’un arbitrage simple : ton horizon de placement croisé avec ta capacité réelle à supporter un recul de 30 à 40 % sans paniquer ni vendre. Un horizon supérieur à quinze ans justifie 80 à 100 % d’actions. Pour dix ans, la fourchette descend à 60-80 % d’actions. Un horizon plus court, ou une aversion forte aux fluctuations, oriente vers du 40-60 %, le solde en fonds euros ou obligations court terme.

Pour mettre en place un versement mensuel automatique, le guide sur comment investir régulièrement pose la méthode complète avec les étapes concrètes. C’est notamment utile pour automatiser le DCA sur ton tracker MSCI World.

Par où commencer en gestion passive concrètement

La mise en place de cette stratégie se déroule en cinq étapes, sans compétence technique particulière. L’approche présente en effet des avantages et des inconvénients clairs. Elle élimine les décisions émotionnelles et réduit les frais. En contrepartie, elle exige de tenir le cap lors des crises sans céder à la panique.

  1. Ouvre un PEA chez un courtier en ligne à frais de garde nuls. L’ouverture prend deux semaines : pièce d’identité et justificatif de domicile suffisent. Vérifie ensuite que les ordres récurrents sont possibles et que le catalogue inclut des trackers éligibles.
  2. Définis tes objectifs financiers et ta tolérance aux pertes : une seule question à trancher honnêtement. Si ton capital perdait 35 % de valeur en six mois, vendrais-tu ? En cas de oui, réduis la part actions à 60 % maximum. Si non, tu peux viser 80 à 100 % actions.
  3. Sélectionne un ou deux trackers : un MSCI World capitalisant éligible PEA, TER inférieur à 0,25 %, émetteur établi (Amundi, BNP Easy, iShares). Les trackers capitalisants sont préférables aux trackers distribuants en PEA, car ils réinvestissent les dividendes automatiquement sans frottement fiscal. Si ton allocation prévoit une poche obligataire, ajoute un tracker d’obligations couvertes en euro. Vérifie l’éligibilité PEA dans la fiche technique.
  4. Programme un virement automatique mensuel vers ton PEA, calé dans les 48 heures après ta paie. Passe un ordre récurrent sur le fonds le même jour. Ainsi, la décision mensuelle disparaît.
  5. Note la date de ton rebalancing annuel dans ton calendrier. Une fois par an, ouvre le compte, vérifie que les pondérations correspondent à ton allocation cible, puis ajuste si l’écart dépasse 5 points de pourcentage. C’est tout.

Faut-il attendre le bon moment pour démarrer la gestion passive ?

Des épargnants attendent une baisse des marchés avant de démarrer. Les données depuis 1980 montrent quelque chose de contre-intuitif. Quelqu’un qui aurait acheté au plus haut avant chaque krach aurait quand même obtenu un rendement annualisé de l’ordre de 8 % sur quarante ans. Ce résultat reste certes inférieur à l’achat parfait, qui n’existe pas, mais il dépasse largement le Livret A ou le fonds euros. La pire décision n’est pas d’entrer au mauvais moment. C’est de ne jamais entrer.

Pour structurer ton allocation entre classes d’actifs, l’article sur investir 10 000 euros en 2026 donne des ordres de grandeur concrets par enveloppe et par horizon.

Action à réaliser

  1. Ouvre ton PEA cette semaine si tu n’en as pas encore, ou vérifie que ton PEA existant est chez un courtier à frais de garde nuls.
  2. Passe ton premier ordre sur un tracker MSCI World capitalisant éligible PEA, ou programme un ordre récurrent mensuel si tu investis déjà.
  3. Dans un tableur, note ton allocation cible (exemple : 80 % actions monde, 20 % fonds euros) et la date de ton prochain rebalancing.

FAQ

Quelle est la meilleure allocation pour un portefeuille passif ?

Pour un horizon supérieur à quinze ans, une allocation 80 à 100 % actions mondiales via un tracker MSCI World sur PEA tient la route. Pour un horizon de dix ans, en revanche, descends à 60-70 % actions, le solde en fonds euros ou obligations courte durée. Le rebalancing annuel ramène mécaniquement ces proportions sans décision émotionnelle. L’allocation dépend donc de ta capacité réelle à voir ton capital baisser de 30 % sans vendre.

Comment démarrer quand on ne sait rien ?

Ouvre un PEA chez un courtier en ligne à frais de garde nuls. Programme ensuite un virement automatique mensuel le lendemain de ta paie. Passe un ordre d’achat récurrent sur un tracker MSCI World capitalisant éligible PEA. Tu n’as donc besoin de rien de plus pour démarrer. Le rebalancing annuel est la seule intervention active à prévoir par la suite.

Quel tracker choisir pour la gestion passive sur PEA ?

Cherche un tracker MSCI World capitalisant éligible PEA, avec un TER inférieur à 0,25 %. Les émetteurs Amundi, BNP Easy et iShares proposent plusieurs options dans cette fourchette. Vérifie l’éligibilité PEA dans la fiche technique du fonds avant d’acheter. Un seul fonds World diversifié sur 1 500 entreprises dans 23 pays développés suffit, en effet, pour constituer un portefeuille de départ robuste. Tout investisseur qui veut limiter les frais peut donc démarrer avec un seul ETF indiciel couvrant les marchés mondiaux. Pour comparer les options disponibles, l’article meilleur tracker MSCI World éligible PEA les passe en revue en détail.

Combien coûte réellement l'approche passive comparée à la gestion active ?

Les fonds indiciels prélèvent entre 0,12 et 0,40 % de frais annuels (TER). Un fonds actif distribué par une banque française prélève, en revanche, entre 1,8 et 2,5 %. Sur 100 000 euros à 8 % de rendement brut pendant vingt ans, l’écart atteint 145 000 euros de capital en moins avec la gestion active. Résultat : 321 000 euros contre 466 000 euros. Cet écart ne mesure pas un manque de talent du gérant. Il mesure en effet le coût mécanique de ces frais capitalisés sur la durée.

Gestion passive ou gestion active : laquelle choisir ?

Les données SPIVA Europe Year-End 2024 (S&P Dow Jones Indices) sont sans ambiguïté. Sur dix ans, entre 85 et 98 % des fonds actifs européens font moins bien que leur indice de référence selon la catégorie. La mécanique est simple : la moyenne des produits gérés activement égale le marché moins les frais. Après frais, le fonds actif moyen perd donc structurellement. L’approche passive permet ainsi de capter la performance du marché mondial à faible coût. Elle ne promet pas de surperformer les indices de référence, elle garantit en revanche de ne pas être saigné par des frais inutiles.


Cet article est à caractère pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Je ne suis pas conseiller en investissement financier (CIF). Les taux fiscaux mentionnés sont ceux en vigueur en 2026 : prélèvements sociaux (PS) 18,6 % sur les plus-values PEA après cinq ans ; PFU 31,4 % sur compte-titres ordinaire ; 17,2 % de PS sur l’assurance-vie et les revenus fonciers. La fiscalité de l’épargne est révisée régulièrement en loi de finances : consulte les barèmes à jour sur impots.gouv.fr et service-public.fr. Tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital. Les performances passées (actions mondiales ~8 %/an brut sur 1900-2022, ou ~5 % net d’inflation) ne préjugent pas des performances futures.

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