Gel des retraites 2027 : ce que le gouvernement te reprend
Gel des retraites 2027 : 6 milliards demandés aux retraités, 21 € par mois perdus pour 1 000 € de pension, et 8,1 % déjà rognés depuis 2013 selon la DREES.
L'essentiel

Sommaire et méthode
Dans cet article
Gel des retraites 2027 : au 15 septembre 2026, c'est une piste, pas une loi. Le gouvernement cherche 6 milliards d'euros chez les retraités pour le budget 2027. Trois options sont sur la table : geler la revalorisation des pensions de retraite de base, supprimer l'abattement fiscal de 10 %, ou relever la CSG. Rien n'est écrit. Le projet de loi de finances arrive le 30 septembre, le PLFSS, projet de loi de financement de la sécurité sociale, au plus tard début octobre. Ce que ça coûte, si le gel passe : 21 € par mois pour 1 000 € de pension, à l'inflation de 2,1 % retenue par le gouvernement. Cet argent n'est ensuite jamais rattrapé. Et ce n'est pas une première. Entre fin 2013 et fin 2023, les retraités déjà partis ont perdu 8,1 % de pension nette en pouvoir d'achat, selon la DREES.
Entre fin 2013 et fin 2023, un retraité parti avant 2013 a perdu 8,1 % de sa pension nette en pouvoir d’achat. Ce n’est pas un syndicat qui le dit, mais la Direction de la recherche du ministère des Solidarités, la DREES, dans son panorama 2025. Le gouvernement appelle le gel des retraites 2027 un effort. Cet effort a pourtant déjà été fait dix fois entre 2014 et 2025, base, complémentaire et CSG confondues. Aucune revalorisation n’est jamais venue rendre ce qui avait été retenu.
Le retraité n’est pourtant pas une ligne budgétaire. C’est une personne qui a cotisé quarante ans sur la promesse d’une pension indexée sur les prix. La loi le dit encore. Le budget, lui, préfère cependant l’oublier une année sur deux.
Ce qui est sur la table pour 2027, et à quel stade
Le 14 septembre 2026, la presse rapporte le chiffrage du ministre des Comptes publics. Selon lui, la revalorisation des pensions de base coûtera environ 6 milliards d’euros en 2027. Ce montant correspond à l’inflation attendue de 2,1 % en 2026. Le gouvernement veut donc récupérer ces 6 milliards chez les retraités, plutôt qu’ailleurs. Il a alors posé deux options : geler les pensions, ou supprimer l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions. Le ministre du Travail a ajouté une troisième piste : relever la CSG des retraités, de 8,3 % vers les 9,2 % des salariés. Le détail est dans l’article de MoneyVox du 14 septembre.
Voici l’état exact du dossier, au 15 septembre 2026. C’est une annonce. Aucun article de loi n’est écrit. Le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 30 septembre. Le PLFSS suit, au plus tard le premier mardi d’octobre, comme l’impose la loi organique. Le PLFSS, projet de loi de financement de la sécurité sociale, est le texte qui fixe chaque automne les règles des pensions. Il sera ensuite débattu au Parlement, puis promulgué en décembre s’il passe. Rien n’est donc en vigueur.
Ce que dit la loi, tant qu’elle n’est pas suspendue
La règle qui s’applique aujourd’hui tient en deux phrases. L’article L161-25 du code de la sécurité sociale impose une revalorisation annuelle sur l’inflation hors tabac des douze derniers mois. Si l’inflation est négative, alors le coefficient est ramené à un : la pension ne baisse jamais en euros courants. Geler, c’est écrire un article dérogatoire pour ne pas appliquer cette règle. Cela s’est d’ailleurs déjà fait.
Le même film, un an plus tôt
À l’automne 2025, l’article 44 du PLFSS 2026 prévoyait une année blanche. Il gelait toutes les pensions en 2026. Suivait une sous-indexation de 0,4 point par an, de 2027 à 2030. Le rapport du Sénat le décrit en détail. L’Assemblée a finalement rejeté le gel des pensions. La loi promulguée le 30 décembre 2025 n’en contient aucune trace. Les pensions de base ont ainsi pris 0,9 % au 1er janvier 2026, coefficient 1,009 fixé par la circulaire Cnav 2025-29. Le gouvernement revient pourtant avec la même mesure, douze mois plus tard. Le gel des retraites 2027 est le remake de l’année blanche. J’ai raconté ce premier épisode dans mon article sur l’abattement de 10 % des retraités.
Dès le 13 août 2026, Roland Lescure, ministre de l’Économie, avait ouvert la voie dans la presse. Sa formule, rapportée par LCP : la question de la contribution des retraités aisés mérite d’être posée, par une indexation plus modérée de leurs pensions. La piste chiffrée portait alors sur un gel partiel des pensions, celles supérieures à 3 000 euros brut, avec une indexation à la moitié de l’inflation. Le rendement était estimé à 700 millions d’euros, et jusqu’à 1,5 milliard si le seuil descendait à 2 000 €, selon MoneyVox. Le même article donne la date du 30 septembre pour le Conseil des ministres. Un mois plus tard, le chiffre n’est plus 1,5 milliard mais 6. Le seuil, lui, a disparu des déclarations.
Ce que le gel des retraites 2027 enlève à ta pension, en euros
Un gel, ou une désindexation, n’est donc pas une baisse sur ton relevé. C’est plutôt une hausse qui n’arrive pas, alors que les prix, eux, arrivent. La perte se calcule donc en une ligne : pension multipliée par l’inflation non compensée, ici les 2,1 % du gouvernement.
| Pension mensuelle gelée | Perte par mois | Perte par an | Perte sur dix ans |
|---|---|---|---|
| 1 000 € | 21 € | 252 € | 2 520 € |
| 1 200 € | 25 € | 302 € | 3 024 € |
| 1 541 € (pension nette moyenne DREES) | 32 € | 388 € | 3 883 € |
| 2 000 € | 42 € | 504 € | 5 040 € |
| 2 500 € | 53 € | 630 € | 6 300 € |
| 3 000 € | 63 € | 756 € | 7 560 € |
L’année sautée n’est jamais rattrapée
La colonne des dix ans est la seule qui compte. Elle repose sur un mécanisme que le vocabulaire officiel évite, car il change tout : l’année sautée n’est jamais rattrapée. La revalorisation de 2028 s’appliquera au montant de 2027. Si ce montant est resté celui de 2026, alors la base est plus basse pour toujours. Personne n’a jamais compensé les 0,3 % de janvier 2019, ni le zéro de 2014. Parler d’un gel d’une seule année est donc exact sur le calendrier, et faux sur l’argent.
Le tableau vaut toutefois pour la part de pension qui serait gelée. Le gouvernement parle des pensions de base, celles que versent l’Assurance retraite, la MSA ou l’État. Un fonctionnaire retraité, d’abord, n’a qu’une pension de base : le gel s’applique à 100 % de son relevé. Un ancien salarié du privé touche aussi une complémentaire Agirc-Arrco, décidée par les partenaires sociaux. Le gel de la loi ne la touche donc pas. Elle est déjà gelée, par une autre décision. Son conseil d’administration se prononce chaque automne, et le prochain rendez-vous tombe avant le 1er novembre 2026.
Gel des retraites 2027 : les trois variantes, chiffrées sur les mêmes pensions
La désindexation partielle est la demi-indexation évoquée en août pour les pensions les plus élevées. Elle coûte ainsi la moitié du tableau du gel total : 16 € par mois sur une pension moyenne, 31,50 € sur 3 000 €.
La hausse de CSG de 0,9 point, ensuite, ne touche que les retraités au taux plein de 8,3 %. Elle retire 18 € par mois sur 2 000 € bruts, 27 € sur 3 000 €. Les retraités au taux de 6,6 %, de 3,8 % ou exonérés ne paient rien. Leurs seuils dépendent du revenu fiscal de référence, publiés sur service-public.gouv.fr.
La suppression de l’abattement de 10 %, enfin, ne touche que les retraités imposables. Pour 1 600 € par mois dans la tranche à 11 %, la perte est de 211 € par an. Pour 3 000 € dans la tranche à 30 %, elle monte à 1 080 €. Le non-imposable, lui, ne perd rien sur cette option. En revanche, il perd tout sur le gel.
Depuis 2014, la sous-indexation est la règle
Avant le gel des retraites 2027 : douze ans de dates
Il suffit de recopier les dates, dans l’ordre. Toutes viennent des fiches 04 et 05 du panorama DREES 2025, sauf mention contraire.
- 2014 : la loi du 20 janvier 2014 décale la revalorisation d’avril à octobre. Au 1er octobre 2014, le taux appliqué est de 0 %. Agirc et Arrco gèlent aussi leurs points au 1er avril 2014, et ne les revaloriseront pas entre 2014 et 2017.
- 2016 : la formule donne 0 %, les pensions de base ne bougent pas au 1er octobre 2016.
- 2018 : la date de revalorisation passe d’octobre à janvier. Résultat : aucune hausse n’intervient entre le 1er octobre 2017 et le 1er janvier 2019, soit quinze mois. La même année, la CSG sur les pensions passe de 6,6 % à 8,3 %.
- 2019 : la loi de financement fixe la hausse à 0,3 %, par dérogation, sans regarder l’inflation.
- 2020 : la hausse est de 0,3 % pour toute pension totale au-dessus de 2 000 € bruts, et de 1 % en dessous.
2023 à 2026 : la base, puis la complémentaire
- 2023 : les pensions prennent 0,8 % au 1er janvier, contre une inflation de 5,8 % en 2022. L’État avait versé une avance de 4 % en juillet 2022. Le compte n’y est pas : face aux 3,7 % de hausse des prix de 2023, la pension de base perd 2,8 % en euros constants sur l’année.
- 2025 : au 1er novembre, l’Agirc-Arrco laisse sa valeur de point à 1,4386 €, faute d’accord. Le document officiel du régime affiche 0,00 %. C’est le deuxième gel depuis la fusion de 2019, après celui de novembre 2020.
- 2026 : l’Assemblée rejette le gel de l’année blanche. Les pensions de base prennent 0,9 %.
Les totaux, mesurés par la DREES
Les totaux viennent de la même source, la DREES. D’abord, entre fin 2014 et fin 2019, les pensions des régimes de base ont progressé de 0,2 % par an en moyenne, selon l’édition 2021 du même panorama. Entre fin 2017 et fin 2023, les régimes ont revalorisé les pensions de 9,5 % en moyenne, pendant que les prix montaient de 16,2 %. L’écart atteint 6,7 points. Puis, sur dix ans, de fin 2013 à fin 2023, la pension brute de ceux qui étaient déjà retraités a baissé de 7,6 % en euros constants. La pension nette, prélèvements sociaux déduits, a même baissé de 8,1 %.
Sur vingt-cinq ans, c’est encore pire. Un ancien salarié non-cadre parti en 1999 a perdu 6,5 % de pension nette en pouvoir d’achat fin 2024. Un ancien cadre a perdu 9,2 %. Ces deux cas types sont ceux du Conseil d’orientation des retraites, le COR, l’organisme public qui projette le système chaque année.
Alors, quand un ministre parle d’un effort ponctuel, le mot n’est pas faux. Il est juste employé pour la dixième fois en douze ans.
Qui paie, et qui ne paie pas
Les trois options du gel des retraites 2027 ne frappent pas les mêmes personnes. C’est d’ailleurs là que l’argument de justice se retourne.
Profil par profil, ce que chaque option retire
Le retraité non imposable ne tire aucun euro de l’abattement de 10 %. Sa suppression lui est indifférente. Le gel, lui, le touche pourtant à 100 %. Sur 1 000 € de pension, il perd 21 € par mois. Selon le vocabulaire officiel, il fait partie des modestes à préserver. Dans l’arithmétique du gel, il est en première ligne.
Le retraité au taux plein de CSG est le seul touché par la hausse de 8,3 % à 9,2 %. En 2020, selon la DREES, cela représentait 36 % des retraités. Les 64 % restants, eux, ne paieraient rien sur cette option. Autrement dit, une mesure présentée comme un rapprochement avec les salariés vise un tiers des pensionnés.
Le cadre, le fonctionnaire et les femmes
L’ancien cadre du privé est déjà servi. Sa complémentaire Agirc-Arrco pèse lourd dans sa pension, et son point est figé depuis le 1er novembre 2024. Il a encaissé 0,9 % sur sa base en janvier 2026, mais 0 % sur le reste. Le gel discuté pour 2027 s’ajouterait à celui qu’il subit déjà.
Le fonctionnaire retraité n’a que du régime de base. Un gel de la loi gèle donc la totalité de son relevé.
Les femmes touchent une pension de droit direct de 1 306 € bruts en moyenne fin 2023. Les hommes en touchent 2 089 €. L’écart est de 37 %. Un seuil à 2 000 ou 3 000 € les épargne en majorité, et le gouvernement présente cela comme une protection. Un gel sans seuil, comme en 2014 ou en 2019, les frappe en revanche toutes. Beaucoup d’entre elles complètent d’ailleurs avec une pension de réversion, qui suit la même indexation.
Et les actifs
Aucune des trois options ne vise les actifs. Le gouvernement a choisi de nommer sa cible : la contribution des retraités. C’est son droit. Mais c’est le seul groupe qui ne peut plus rien renégocier, ni son salaire, ni ses horaires, ni sa carrière.
Le raisonnement officiel, confronté à ses propres chiffres
Il tient en cinq arguments. Chacun se démonte avec ses propres chiffres, des petites retraites aux retraités les plus aisés.
Les économies, et la baisse qui n’existe pas
Premier argument : il faut 6 milliards d’économies. Le chiffre vient du ministre des Comptes publics lui-même. Il correspond pourtant au coût de la revalorisation prévue par la loi. Autrement dit, l’économie consiste à ne pas appliquer l’article L161-25. Ce n’est pas une dépense nouvelle supprimée. C’est un droit inscrit dans la loi, suspendu, puis rebaptisé économie.
Deuxième argument : aucune pension ne sera diminuée. La porte-parole du gouvernement l’a répété le 13 septembre, comme le rapporte ICI. C’est vrai en euros courants, ceux imprimés sur le relevé. Mais c’est faux ailleurs. Car le seul euro qui existe au supermarché est l’euro constant. La DREES mesure d’ailleurs la pension moyenne en euros constants chaque année : elle a baissé de 1,2 % en 2023. Personne n’avait diminué de pension cette année-là non plus.
Les aisés, le déficit et l’exception
Troisième argument : il s’agit de faire contribuer les retraités aisés. Aucun seuil n’est écrit pour 2027. Le précédent, en 2020, était pourtant clair : 2 000 € bruts par mois, tous régimes confondus. La pension brute moyenne fin 2023 est de 1 666 €. Un seuil à 2 000 € vise donc des gens qui sont à 20 % au-dessus de la moyenne. Aisé est un grand mot pour un chiffre aussi proche de la moyenne.
Le déficit du COR face aux 6 milliards
Quatrième argument : le système est en déficit, il faut le redresser. Le rapport du COR de juin 2026 donne le déficit 2025 : 5,1 milliards d’euros. C’est 0,2 point de PIB, sur 422 milliards de dépenses. L’effort demandé aux retraités est de 6 milliards. Il dépasse donc le déficit entier du système. Le même rapport projette aussi une part des dépenses stable à 14,1 % du PIB jusqu’en 2030, et à 14,2 % en 2045. Le trou existe, certes. Il ne justifie pourtant pas de le faire combler par un seul groupe, au-delà de sa taille.
Cinquième argument : c’est un effort exceptionnel. Le COR rappelle un chiffre de l’Insee. Le passage à l’indexation sur les prix a déjà réduit les dépenses de 1,7 point de PIB en 2018. Il projette ensuite l’effet de la revalorisation des retraites sur les seuls prix. La pension moyenne, rapportée au revenu d’activité moyen, passera de 54,6 % en 2025 à 45,3 % en 2070. Le niveau de vie relatif des retraités, égal à 100,2 % de celui de la population en 2023, tomberait à 90,3 %. Autrement dit, l’exception est déjà la trajectoire de base. Le gel de 2027 en est une marche supplémentaire.
L’effet cumulé sur dix ans, pour une pension moyenne
Pour mesurer le gel des retraites 2027 dans la durée, je reprends la pension nette moyenne DREES, 1 541 € par mois. Puis j’applique deux scénarios que le gouvernement a lui-même écrits.
| Scénario | Écart de pouvoir d’achat au bout de cinq ans | Perte cumulée sur dix ans |
|---|---|---|
| Indexation légale appliquée | 0 % | 0 € |
| Gel d’un an en 2027, puis indexation normale | 2,1 %, soit 32 € par mois | 3 883 € |
| Gel en 2027, puis 0,4 point de moins pendant quatre ans, calqué sur le projet rejeté de 2025 | 3,7 %, soit 57 € par mois | 6 102 € |
Le premier scénario est ce que dit la loi. Le deuxième est ce que le gouvernement annonce. Le troisième, enfin, est ce qu’il avait déposé l’an dernier, décalé d’un an. Entre les deux derniers, la différence est pourtant de 2 200 €. C’est le prix de la petite ligne sur 2028-2031, celle dont personne ne parle lors de la présentation.
Ces pertes s’ajoutent d’ailleurs aux 8,1 % déjà perdus sur 2013-2023. Un retraité parti en 2012 avec 1 541 € nets d’aujourd’hui touche ainsi environ 125 € par mois de moins en pouvoir d’achat qu’avec une indexation pleine. Ajoute ensuite 32 à 57 € pour le scénario 2027. Personne n’aura diminué sa pension. Il lui manquera pourtant 157 à 182 € de pouvoir d’achat par mois, selon le scénario.
Ce que tu peux faire, dès maintenant
Gel des retraites 2027 : les trois fausses solutions
Attendre la revalorisation ne marche pas : elle arrive un an après les prix, quand elle arrive. Espérer un nouveau rejet du Parlement, comme en 2025, n’est pas un plan non plus, car le gouvernement a déjà réessayé une fois. Compter sur l’abattement de 10 % pour amortir le coup ne marche pas davantage, puisqu’il est sur la même liste. Ce qui reste, finalement, c’est ce qui dépend de toi.
Les leviers qui dépendent de toi
Mesure ta vraie revalorisation. Prends ton relevé de janvier 2026 et celui de décembre 2025 pour la base. Fais ensuite pareil pour la complémentaire en novembre 2025 et novembre 2024. Tu verras alors 0,9 % d’un côté, 0 % de l’autre. Ce chiffre, personne ne te le communique agrégé.
Vérifie ton taux de CSG. Il dépend du revenu fiscal de référence de l’avis d’il y a deux ans, avec un lissage sur deux années consécutives. Un changement de situation, un veuvage, une baisse de revenus, peut alors te faire redescendre d’un taux. Pourtant, la caisse ne le fait pas toujours d’elle-même. Les seuils sont sur service-public.gouv.fr.
Active les droits que tu ne demandes pas. L’allocation de solidarité aux personnes âgées, l’Aspa, complète une petite pension. Le plafond est de 1 043,59 € par mois pour une personne seule en 2026, selon service-public.gouv.fr. Elle n’est pas versée d’office, et la réversion ne l’est pas non plus. Mon article sur les aides sociales auxquelles tu as droit liste les autres.
Reprends une activité si ton corps le permet. Le cumul emploi-retraite a ses plafonds et ses pièges. Mais un revenu d’activité suit les salaires, pas une revalorisation votée en décembre.
Coupe les coûts fixes qui ne se négocient pas. Une pension figée face à des prix qui montent se défend d’abord sur les dépenses, puis sur les revenus. Assurances, abonnements, énergie, banque : c’est la méthode de base du frugaliste, et elle est décrite dans mes astuces pour devenir frugaliste. Une pension à 800 € s’organise aussi, j’ai détaillé comment vivre avec 800 euros par mois.
Si tu es encore actif
Ne compte pas sur l’indexation. Le COR projette une pension relative au revenu d’activité en baisse de 54,6 % à 45,3 %. Un plan épargne retraite ou tout autre revenu automatique construit maintenant compte double, parce qu’il ne dépendra pas d’un article 44.
Avant le vote
Dis-le à ton député. Le Parlement vote le PLFSS 2027 cet automne, puis le texte est promulgué en décembre. En 2025, c’est l’Assemblée qui a fait tomber le gel. Les députés lisent d’ailleurs leurs courriers de circonscription en octobre.
Action à réaliser
- Tout de suite : sors tes deux derniers relevés de pension, base et complémentaire, et note la hausse réelle de chaque ligne. Compare-la ensuite à l’inflation de 2,1 % attendue.
- Dans la semaine : retrouve ton taux de CSG sur le relevé et ton revenu fiscal de référence sur l’avis d’imposition. Compare-le enfin aux seuils de service-public.gouv.fr.
- Avant le 30 septembre : calcule ta perte sur dix ans avec le prompt ci-dessous. Garde ensuite le chiffre. C’est celui que tu utiliseras pour décider, pas celui du journal.
Le prompt pour chiffrer ta propre perte
Colle ce prompt dans ton IA pour chiffrer le gel sur ta pension :
Questions fréquentes sur le gel des retraites 2027
Le calendrier et la règle
Le gel des retraites 2027 est-il voté ?
Non. Au 15 septembre 2026, c'est une piste annoncée par le gouvernement, sans texte déposé. Le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 30 septembre 2026. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale suit, au plus tard le premier mardi d'octobre. Les deux sont ensuite débattus au Parlement à l'automne. Tant que la loi n'est pas promulguée, la règle qui s'applique reste l'article L161-25 du code de la sécurité sociale. Il impose une revalorisation au 1er janvier sur l'inflation hors tabac.
Un gel d'un an est-il rattrapé l'année suivante ?
Non, sauf si un texte le prévoit noir sur blanc. La revalorisation de chaque année s'applique au montant de l'année précédente. Une année sautée abaisse donc la base de toutes les revalorisations suivantes. Les 0,3 % de janvier 2019, appliqués à la place de l'inflation, n'ont jamais été compensés. Le gel de 2014 n'a jamais été compensé non plus.
Les montants et les personnes visées
Combien coûte un gel des retraites en 2027 pour une pension de 1 500 € ?
Avec l'inflation de 2,1 % attendue par le gouvernement, un gel complet retire 31,50 € par mois à une pension de 1 500 €. Cela fait 378 € par an. Puisque l'écart n'est pas rattrapé, la perte atteint 3 780 € en dix ans, en euros d'aujourd'hui. Une demi-indexation coûte alors la moitié. Une hausse de CSG de 0,9 point retire 13,50 € par mois, uniquement si tu es au taux plein.
Qui est un retraité aisé pour le gouvernement ?
Aucun seuil n'est écrit pour 2027. En août 2026, la piste évoquée visait les pensions au-dessus de 3 000 € bruts. En 2020, le précédent seuil de sous-indexation était de 2 000 € bruts par mois, tous régimes confondus. Pour situer : la pension brute moyenne de droit direct est de 1 666 € fin 2023 selon la DREES, et celle des femmes de 1 306 €.
Les retraites complémentaires Agirc-Arrco sont-elles concernées par le gel du gouvernement ?
Non, et c'est le point que la presse oublie. L'Agirc-Arrco est piloté par les partenaires sociaux, pas par la loi de financement. Sa valeur de point est déjà figée à 1,4386 € depuis le 1er novembre 2024, faute d'accord au conseil d'administration du 17 octobre 2025. Un ancien salarié du privé cumule donc un gel déjà effectif sur sa complémentaire et un gel possible sur sa base.