Pension de réversion 2026 : conditions, montants, pièges
Pension de réversion 2026 : taux par régime (54-60 %), conditions conjoint, plafond de ressources, simulateur, démarche en ligne. Guide factuel et chiffré.

Sommaire et méthode
Dans cet article
L'essentiel
En bref
- 4,4 millions de bénéficiaires en France, 89 % de femmes : la pension de réversion pèse lourd dans des millions de budgets.
- Elle n’est pas automatique : tu dois la réclamer sous 12 mois pour ne perdre aucun arriéré.
- Trois taux selon le régime : 54 % CNAV, 60 % Agirc-Arrco, 50 % fonction publique, avec des règles très différentes.
- Un nouveau mariage supprime la réversion définitivement chez Agirc-Arrco (jusqu’à 156 000 € perdus sur 20 ans), seulement de façon temporaire au régime général.
- La réforme de cette année n’existe pas : seul le plafond a bougé de +0,9 %. Le reste (rapport du COR, novembre 2025) n’est pas voté.
Démêler la panique : ce qui change pour de vrai et ce qui n’existe pas
Au début de l’année, les journaux ont annoncé une grande réforme de la pension de réversion. Résultat : des veuves ont paniqué, et des conseillers ont vendu des assurances dans la foulée. Sauf que cette réforme n’existe pas. Ce que le COR (Conseil d’orientation des retraites) a publié en novembre 2025, c’est un rapport de propositions, pas une loi. Rien n’a été voté. Rien n’entre en vigueur avant 2027 au plus tôt.
Je vais te le dire franchement : le vrai danger n’est pas dans les gros titres. Ce qui coûte des milliers d’euros chaque année à des centaines de milliers de personnes, ce sont trois pièges administratifs silencieux. Le délai de 12 mois pour réclamer la réversion. La règle du nouveau mariage, qui change du tout au tout selon ta caisse. Et l’oubli d’une caisse complémentaire dans un dossier qui en compte plusieurs. Ces pièges ne font pas la une. Pourtant, ils détruisent des revenus bien réels, chez des gens qui y avaient pleinement droit.
Dans ce guide, je reprends tout depuis le début : à quoi tu peux prétendre, combien paie chaque caisse, comment monter ton dossier sans te faire avoir, et comment estimer ton montant avant même de remplir le moindre papier. Et pour aller plus vite, je te donne un prompt à copier qui fait le calcul à ta place.
La pension de réversion, c’est quoi exactement ?
La pension de réversion, c’est une partie de sa retraite que la personne décédée laisse à son époux ou épouse survivant. Concrètement, les régimes obligatoires reversent chaque mois une fraction de la pension de retraite du défunt à celui qui reste. Ce n’est ni un héritage ni un capital : c’est un revenu mensuel, calculé sur tout ce que le défunt a passé sa carrière à cotiser. Au fond, la logique est simple : tu touches la contrepartie directe de ses années de travail.
En France, 4,4 millions de personnes peuvent bénéficier de la pension aujourd’hui, dont 89 % de femmes. Pour beaucoup, cette somme fait la différence entre un budget tenable et la précarité après un veuvage. Autant te dire que ça vaut le coup de comprendre comment ça marche avant d’avoir à y faire face.
Le piège de départ, c’est que rien ne tombe tout seul. De fait, l’État ne te prévient pas. Aucune caisse ne t’envoie spontanément un chèque. Tu dois monter un dossier et le déposer auprès de chaque caisse, dans les délais. Si tu veux te faire une idée du montant avant de te lancer, le site officiel lassuranceretraite.fr propose un simulateur gratuit. Garde-le sous la main, on y revient plus bas.
Les conditions d’attribution : qui peut prétendre à la réversion
Trois conditions reviennent partout pour ouvrir une pension de réversion, avec des variantes selon le régime. Voyons-les une par une.
Le mariage, et lui seul. C’est la condition sine qua non dans les régimes obligatoires. En clair, le Pacs n’ouvre aucun droit, et le concubinage non plus. Peu importe la durée de vie commune, le nombre d’enfants ou les biens partagés : en cas de décès, sans acte de mariage, la demande est rejetée. Cette règle vaut à la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse), à l’Agirc-Arrco comme à la fonction publique. Le rapport du COR propose d’ouvrir le droit aux couples non mariés après cinq ans de vie commune, mais cette piste n’est pas votée et n’a aucune valeur juridique aujourd’hui.
L’âge minimum de 55 ans. Il faut avoir 55 ans pour percevoir la réversion au régime général et à l’Agirc-Arrco. En revanche, la fonction publique ne pose aucune condition d’âge. Si tu as moins de 55 ans au moment du décès et que vous étiez salariés du privé, tu dois attendre cet âge avant de toucher quoi que ce soit, même en déposant le dossier plus tôt.
Ne pas avoir refait sa vie au jour de la demande. Tu dois être célibataire, veuf ou séparé au moment du dépôt. Et si tu te maries à nouveau ensuite ? Cela dépend du régime. On y consacre une section entière plus bas, car c’est là que ça coûte cher.
La fonction publique se distingue donc sur deux points : aucun plafond de revenus, aucune condition d’âge. Un agent dont l’époux est décédé peut y prétendre quel que soit son âge et quels que soient ses propres revenus. Sur le papier, c’est le régime le plus protecteur.
Le droit à la réversion du conjoint séparé ou veuf
Le mariage civil reste le critère d’éligibilité universel. Sans ce lien de parenté légal, impossible d’ouvrir le moindre droit, quel que soit le régime. Mais un détail change la vie de beaucoup de gens : une séparation ne ferme pas la porte. En effet, un conjoint ou ex-conjoint divorcé conserve son droit à la réversion, sous conditions : ne pas avoir contracté un nouveau mariage au moment de la liquidation. Mieux encore : si le défunt a eu plusieurs mariages, la réversion se partage entre les ex-époux. On voit la mécanique exacte du partage en fin d’article.
La retraite de réversion : les taux versés par chaque caisse
Chaque caisse applique son propre taux sur la pension que le défunt touchait, ou qu’il aurait touchée à la liquidation de ses droits. C’est le cœur du calcul. Prends donc le temps de repérer ta situation.
CNAV (régime général des salariés du privé ou travailleur indépendant) : 54 %. Tu perçois 54 % de la pension que le défunt avait liquidée, ou qu’il aurait touchée. Le montant minimum garanti atteint 334,92 euros brut par mois depuis le 1er janvier, sous réserve d’au moins 15 années de carrière validées par le défunt. Ce taux couvre aussi les artisans et commerçants, dont le régime est désormais intégré à la CNAV. Ainsi, si le défunt a eu une longue carrière, la réversion grimpe à plusieurs centaines d’euros par mois. À l’inverse, s’il a peu travaillé, le minimum garanti prend le relais sous certaines conditions de durée.
Agirc-Arrco (complémentaire du privé) : 60 %. C’est le taux le plus élevé parmi les régimes de base et complémentaires. Il porte sur la totalité des points accumulés par le défunt. Aucun minimum garanti en euros, aucune condition de ressources : le montant résulte mécaniquement de la valeur du point multipliée par le nombre de points. Une majoration pour enfants de 10 % peut s’ajouter si le foyer a élevé au moins trois enfants.
Fonction publique : 50 %. Le taux est plus bas, mais les règles sont bien plus souples : aucun plafond de revenus, aucune condition d’âge. La pension minimale garantie s’élève à 1 043,60 euros par mois, soit le niveau de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (l’ASPA). Même avec une grosse pension personnelle, le bénéficiaire continue de toucher sa part. Une majoration de 10 % s’applique aussi à partir de trois enfants élevés.
Les régimes de retraite concernés : pourquoi un dossier ne suffit pas
Voilà un point que tout le monde sous-estime. Quand le défunt a relevé de plusieurs caisses au fil de sa carrière (salarié du privé, puis fonctionnaire, puis indépendant, par exemple), tu dois déposer une demande auprès de chacune. Il n’existe aucun guichet unique automatique entre tous les régimes de retraite : chaque caisse verse sa part de son côté, selon ses propres règles, et ignore ce que font les autres.
Concrètement, un même dossier peut t’obliger à saisir la CNAV pour le privé, l’Agirc-Arrco pour la complémentaire, et la caisse de la fonction publique (SRE ou CNRACL) pour la part publique. Du coup, rate-en une, et tu laisses filer des centaines d’euros par mois sans même le savoir. La règle d’or : commence par recenser tout le parcours du défunt sur ton compte retraite, avant de remplir quoi que ce soit.
Le plafond de ressources CNAV et la présomption patrimoniale
La CNAV ne verse une réversion que si tes ressources restent sous un plafond annuel, révisé chaque année en janvier. Voici les seuils en vigueur.
| Situation | Plafond annuel |
|---|---|
| Personne seule | 25 001,60 € |
| En couple (y compris concubinage déclaré) | 40 002,56 € |
Ces montants ont été revalorisés de 0,9 % au 1er janvier (indexation sur l’inflation hors tabac).
Les ressources prises en compte incluent tes pensions personnelles, tes éventuels revenus d’activité, tes revenus de capitaux (dividendes, intérêts, loyers) et une présomption sur ton patrimoine. Cette présomption pèse 3 % de la valeur brute de ton patrimoine mobilier et immobilier, résidence principale exclue. Par exemple, si tu détiens 400 000 euros en assurance vie, livrets et comptes-titres, la CNAV considère que tu touches 12 000 euros de revenus fictifs par an, même sans avoir fait le moindre retrait.
Un exemple parlant : une retraitée avec 14 000 euros de pension annuelle et une maison secondaire estimée à 250 000 euros voit ses ressources théoriques portées à 14 000 + 7 500 (les 3 %) = 21 500 euros. Elle reste sous le plafond. Mais si elle hérite d’un appartement de 300 000 euros, le total dépasse les 25 001,60 euros, et sa réversion CNAV peut être réduite ou suspendue.
Cette règle surprend énormément de demandeurs, qui la découvrent après coup. La bonne pratique : estime tes ressources théoriques avant de demander ma réversion, en intégrant les 3 % sur tous tes actifs hors résidence principale. Bonne nouvelle, un dépassement ne supprime pas tout d’un coup : la CNAV peut servir une réversion réduite plutôt que de couper le robinet.
Les 3 pièges silencieux qui coûtent le plus cher
Piège 1 : le délai de 12 mois pour la rétroactivité
La réversion n’est pas rétroactive sans limite. Si tu déposes ton dossier dans les 12 mois suivant le décès, la caisse te paie les arriérés depuis le premier jour du mois qui suit. La date de début de versement remonte alors au décès. Mais si tu déposes après ce délai, les versements ne démarrent qu’à la date de ta demande, et chaque mois de retard est perdu pour de bon.
Un cas chiffré : le défunt disparaît en janvier 2025. Tu déposes ton dossier en février 2027. La caisse ne paie qu’à partir de février 2027. Les 13 mois entre la fin de la rétroactivité et ta demande s’envolent. Pour une pension de 600 euros par mois, ce sont 7 800 euros définitivement perdus. Pour 900 euros, c’est 11 700 euros. Pire : personne ne te relancera, ni lettre, ni rappel. Du coup, c’est à toi d’agir, vite.
Piège 2 : le cas de remariage, une règle qui change tout selon le régime
Un nouveau mariage après un veuvage produit des effets opposés selon ta caisse. C’est l’asymétrie la plus méconnue du système, et la plus brutale.
À la CNAV et à la fonction publique, te remarier suspend le versement. Si cette nouvelle union prend fin (rupture ou décès du second époux), tu peux demander à rétablir la réversion du premier défunt. En clair, rien n’est perdu.
À l’Agirc-Arrco, c’est radicalement différent : ce choix entraîne la suppression définitive et irrévocable de la pension complémentaire. Même si tu redeviens veuf ou seul l’année suivante, elle ne revient jamais. Par exemple, pour une personne qui touche 650 euros par mois et se marie à nouveau à 60 ans, la perte atteint 650 × 12 × 20 = 156 000 euros sur vingt ans. Pourtant, cette règle n’est écrite nulle part en gros. Anticipe-la avant toute décision matrimoniale.
Piège 3 : l’oubli d’une caisse dans un dossier multi-régimes
On l’a vu plus haut : aucune coordination automatique n’existe entre les caisses. Le formulaire pré-rempli de la CNAV ne couvre que le régime général. Pour l’Agirc-Arrco, tu contactes une caisse du groupe ou tu passes par info-retraite.fr. Pour la fonction publique, c’est le Service des retraites de l’État si le défunt était fonctionnaire d’État, ou la CNRACL pour la territoriale et l’hospitalière.
Oublier une caisse pendant des années revient à perdre tous les arriérés au-delà des 12 mois. Du coup, la parade : recense systématiquement tous les employeurs du défunt en demandant l’état récapitulatif de ses droits sur ce portail, dès le départ.
La réforme du COR : proposé n’est pas voté
En novembre 2025, le COR, organisme consultatif qui analyse le système français, a publié un rapport intitulé Droits familiaux et conjugaux. Il avance plusieurs pistes.
- Harmonisation des taux entre régimes (débat entre 50 %, 55 % et 60 % pour un taux unique).
- Ouverture aux partenaires pacsés après cinq ans de vie commune.
- Proratisation selon la durée du mariage pour les unions courtes.
- Suppression de la condition d’âge de 55 ans.
- Introduction d’un plafond de revenus à l’Agirc-Arrco, une première.
Aucune de ces mesures n’est inscrite à l’agenda parlementaire. Aucun projet de loi déposé. Le COR réfléchit et alimente le débat, il ne fait pas la loi. Les seuls changements réellement applicables aujourd’hui : la revalorisation des plafonds CNAV de +0,9 % au 1er janvier, et le déploiement du formulaire pré-rempli (DRM) depuis le printemps, qui simplifie la démarche sans toucher aux règles. C’est tout. Les articles qui annoncent une réforme déjà en vigueur confondent un rapport consultatif avec une loi. Une réforme adoptée ne s’appliquerait pas avant 2027 dans le meilleur des cas.
Faire la demande de réversion, étape par étape
La demande de pension de réversion se dépose auprès de chaque régime concerné. La bonne nouvelle, c’est que depuis janvier 2026 la CNAV envoie un formulaire pré-rempli (le cerfa de demande mutualisée) à l’adresse connue, dans les semaines qui suivent le signalement du décès à la mairie. Il te permet de déposer votre demande en une seule fois pour le régime général, sans tout ressaisir. Et tu peux toujours effectuer une demande de réversion en ligne via le service Info Retraite, commun à toutes les caisses.
Le simulateur de droit, avant de remplir quoi que ce soit
Avant de te lancer, passe par le simulateur de droit de lassuranceretraite.fr. En quelques minutes, tu obtiens une estimation du montant auquel tu peux prétendre. Tu peux aussi prétendre à une pension de plusieurs caisses à la fois : le simulateur t’aide à voir lesquelles avant de constituer ton dossier. Résultat : ça t’évite de découvrir trop tard que tu visais le mauvais régime.
Les pièces justificatives à joindre à votre demande
Voici la liste des principales pièces justificatives, à réunir dès le départ pour éviter les allers-retours. Pour toutes les caisses :
- Acte de décès (copie intégrale)
- Acte de mariage (copie intégrale)
- Justificatif d’identité en cours de validité
- Relevé d’identité bancaire
- Dernier avis d’imposition
Pour la CNAV uniquement (condition de revenus), ajoute un justificatif de tes revenus des 3 derniers mois et un relevé de tes comptes d’épargne et de placement, pour le calcul de la présomption patrimoniale.
Suivre l’état d’avancement de votre demande
Une fois le dossier déposé, chaque caisse ouvre un espace personnel. Sur lassuranceretraite.fr, ton compte affiche l’avancement de ta demande CNAV en temps réel ; l’Agirc-Arrco propose un service en ligne équivalent. Côté délais : compte 1 à 4 mois de traitement selon la complexité, puis un premier versement le 8e jour du mois suivant la décision. Pour l’Agirc-Arrco, un simple contact avec une caisse du groupe ou un passage par le portail commun suffit à lancer la procédure.
Cumul avec ta pension et fiscalité
Tu peux toucher ta propre pension et la réversion en même temps, sans aucune règle d’exclusion. La réversion s’ajoute à tes autres revenus, et c’est cet ensemble qui est comparé au plafond CNAV. Pour les revenus modestes, l’assurance retraite peut même verser un complément si le total reste sous le minimum vieillesse.
La réversion est imposable. En effet, elle entre dans la catégorie des pensions pour l’impôt sur le revenu (selon ta tranche marginale). Un abattement de 10 % s’applique sur le total des pensions, dans la limite de 4 321 euros par foyer fiscal.
Les prélèvements sociaux dépendent de ton revenu fiscal de référence :
| Revenu fiscal de référence (1 part) | Taux CSG + CRDS + Casa |
|---|---|
| Inférieur à 11 128 €/an | Exonération |
| Entre 11 128 € et 14 513 €/an | 3,8 % + 0,5 % + 0,3 % = 4,6 % |
| Entre 14 513 € et 23 747 €/an | 6,6 % + 0,5 % + 0,3 % = 7,4 % |
| Au-delà de 23 747 €/an | 8,3 % + 0,5 % + 0,3 % = 9,1 % |
Si tu exerces une activité en parallèle (reconversion, temps partiel), ces revenus s’ajoutent au calcul du plafond CNAV. En pratique, un dépassement ponctuel peut déclencher une suspension ou une régularisation l’année suivante. La part de la fonction publique, elle, échappe au plafond de revenus, mais reste imposable selon les mêmes règles.
Ex-conjoint et partage au prorata de la durée du mariage
Si la personne décédée a été mariée plusieurs fois, chaque ayant droit reçoit une fraction de la réversion. Le partage se fait au prorata du nombre d’années passées dans chaque union, pas selon le nombre d’enfants ni la nature de la relation après séparation.
Un exemple concret : un défunt avec un premier mariage de 10 ans (épouse A) et un second de 30 ans (épouse B), soit 40 ans au total. Le montant de la pension CNAV atteint 1 080 euros par mois. La réversion est partagée entre elles selon la durée de chaque mariage :
- Épouse A (10/40 de la durée) : 1 080 × 10/40 = 270 euros par mois.
- Épouse B (30/40 de la durée) : 1 080 × 30/40 = 810 euros par mois.
Au final, la somme des fractions égale toujours la totalité de la réversion. Le même mécanisme vaut pour les régimes complémentaires, dont l’Agirc-Arrco. Lors du décès de votre conjoint ou ex-conjoint, la caisse vous informe du partage pendant l’instruction. Et le nouveau mariage d’un ex-conjoint ne le prive pas de sa part : le droit se construit sur la durée du mariage, pas sur sa situation marital du moment.
FAQ
Qui peut toucher la réversion en France ?
La personne mariée légalement, âgée d’au moins 55 ans au régime général. Le mariage reste obligatoire : aucune autre forme d’union n’ouvre de droit. Un ex-époux peut aussi y prétendre, à condition de ne pas avoir refait sa vie au moment de la liquidation.
La réversion est-elle automatique ?
Non. En effet, tu dois la réclamer auprès de chaque caisse : l’État ne te prévient pas. Le délai de rétroactivité est de 12 mois : au-delà, les arriérés non réclamés sont perdus. Passe d’abord par l’outil d’estimation de lassuranceretraite.fr pour chiffrer ce que tu peux toucher.
Quel taux de réversion s’applique selon le régime ?
Tout dépend du régime de retraite du défunt : 54 % au régime général (CNAV), 60 % à l’Agirc-Arrco, 50 % à la fonction publique. La CNAV vérifie en plus tes revenus. Un bonus de 10 % s’ajoute si le couple a élevé au moins trois enfants. Le minimum garanti CNAV s’élève à 334,92 euros brut par mois.
Quelle est la somme à ne pas dépasser ?
À la CNAV, le seuil est de 25 001,60 euros par an pour une personne seule et 40 002,56 euros pour un couple. Au-delà, la réversion est réduite ou suspendue. L’Agirc-Arrco et la fonction publique ne vérifient pas tes revenus.
Que se passe-t-il si je me marie à nouveau ?
Cela dépend de la caisse. La CNAV et la fonction publique suspendent le versement (rétablissable si tu redeviens seul). L’Agirc-Arrco, elle, supprime la part complémentaire de façon définitive et irrévocable.
Puis-je cumuler ma pension et la réversion ?
Oui, sans limite d’exclusion : la réversion s’ajoute à ta propre pension. Ainsi, ce total est comparé au seuil CNAV. La fonction publique et l’Agirc-Arrco, elles, ne regardent pas tes ressources.
Un ex-époux peut-il toucher la réversion ?
Oui. Depuis 2004, les ex-époux peuvent toucher la réversion. Si le défunt a eu plusieurs unions, la part se répartit entre les ayants droit au prorata de la durée de chaque union.
Y a-t-il une réforme de la réversion appliquée cette année ?
Non. Les seuls changements en vigueur sont la revalorisation du seuil CNAV (+0,9 %) et le formulaire pré-rempli déployé au printemps. Les pistes du COR de novembre 2025 (taux unique, élargissement à d’autres unions, proratisation) ne sont pas votées et n’entreront pas en vigueur avant 2027 au plus tôt.
Pour aller plus loin sur la préparation de tes vieux jours, consulte les articles sur le plan d’épargne retraite et ses avantages fiscaux, sur comment arrêter de travailler dès 50 ans, et sur combien il te faut pour décrocher tôt. Pour la gestion du patrimoine transmis, l’article sur la donation de son vivant détaille les règles fiscales applicables.
Je ne suis ni notaire ni conseiller fiscal. Cet article est fourni à titre pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les chiffres mentionnés (plafonds, taux, seuils de prélèvements sociaux) sont ceux en vigueur cette année, issus des sources officielles CNAV, Agirc-Arrco, service-public.gouv.fr et retraitesdeletat.gouv.fr. La fiscalité française est révisée chaque année dans le cadre des lois de finances : vérifie les montants en vigueur sur service-public.gouv.fr et impots.gouv.fr avant toute décision. Les propositions du COR de novembre 2025 n’ont pas force de loi et ne doivent pas être présentées comme des règles applicables.