Prix d'une dent en or : l'or dentaire n'est pas de l'or
Prix d'une dent en or : ton or dentaire titre de 0 à 850 millièmes selon l'année de pose. Estime ta couronne dentaire avant d'entrer dans un comptoir
L'essentiel

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Sommaire et méthode
Dans cet article
Le prix d'une dent en or ne se calcule pas sur son poids total, mais sur la part d'or que contient sa composition. Cette part va de zéro à 850 millièmes selon l'année de pose. Au fixing LBMA du 11 août 2026, l'or fin vaut 122,10 € le gramme : une couronne de 2 g titrée à 750 millièmes porte environ 183 € d'or, la même en nickel-chrome n'en porte aucun.
Tu as une petite enveloppe dans un tiroir. Dedans, il y a deux couronnes récupérées chez le dentiste, un bridge et une gourmette cassée. Tu as tapé le prix du métal fin sur ton téléphone, tu as multiplié par le poids, et tu es arrivé à un chiffre qui te plaît.
Ce chiffre est faux, et il est faux dans un seul sens : entre deux couronnes de même poids, l’écart de valeur va de 183 € à zéro.
La formule poids fois titre fois cours est juste, elle est détaillée dans l’article sur la valeur des pièces d’or. Le prix d’une dent en or bute sur une seule variable, celle que tu as devinée : le titre. Sur une pièce, il est frappé dessus. Sur un bijou en or français, il est poinçonné. Sur une prothèse, il n’est écrit nulle part. La méthode d’estimation tient en trois variables : le titre, le poids et le cours du jour. Les deux dernières se mesurent, la première s’établit. Pour le circuit de rachat d’or dentaire et la mise en concurrence des acheteurs, tout est dans où vendre son or au meilleur prix.
Ce qu’il y a dans une couronne en or, et qui n’est pas de l’or
Un dentiste ne coule jamais de l’or pur : trop mou, il se déforme en quelques mois sous la mastication. Ce qu’il pose est un alliage dentaire, choisi pour sa dureté et sa tenue à la cuisson, jamais pour sa valeur de revente.
La classification de référence vient de l’ADA, l’ordre dentaire américain. Elle trie ces matériaux en trois classes selon la masse de métaux nobles présents. Un high noble en contient au moins 60 %, dont au moins 40 % d’or. Un predominantly base metal en contient moins de 25 %. Entre les deux se trouve la classe qui explique le malentendu.
La classe noble exige 25 % de nobles, et aucune exigence sur l’or. En dentisterie, les nobles sont l’or, le platine, le palladium, le rhodium, le ruthénium, l’iridium et l’osmium. L’argent n’en fait pas partie. Une coulée qui en contient 30 % sans une trace d’or est donc noble, en toute rigueur. Ton praticien a pu te dire de bonne foi que ta couronne était en métal précieux.
Jusqu’aux années 1980, les coulées haute teneur titraient couramment 750 à 850 millièmes d’or. C’est le haut de la fourchette, et il a disparu des cabinets.
Tout s’est joué en 1980 : quand le cours a explosé, la profession s’est tournée vers un autre métal noble. Les coulées palladiées en contiennent 70 à 82 % pour 5 à 8 % d’or. Le nickel-chrome et le cobalt-chrome, eux, ne contiennent aucun or : chrome, cobalt et nickel y font 82 à 92 % de la masse. Les alliages sans or ne sont pas marginaux : ils sont normés et massivement posés.
Google, lui, te sert autre chose. Son AI Overview affirme qu’une dent en or titre entre 16 et 22 carats, soit 60 à 90 % d’or. Regarde les sources citées : ce sont des comptoirs de rachat. Ce chiffre est celui qui te fait pousser leur porte.
Pourquoi une dent en or a fini sur tes molaires
La pose d’une couronne suit toujours la même chaîne. Le praticien procède à la préparation de la dent, ce qui revient à retailler la structure dentaire abîmée, puis prend une empreinte de la dent et envoie le tout à un prothésiste. La fabrication de la couronne se fait au laboratoire, jamais dans la clinique dentaire. C’est le prothésiste, pas ton dentiste, qui choisit la composition exacte, sur catalogue.
Ce choix dépend d’abord de la position en bouche. Les couronnes en or ont longtemps été la solution dentaire de référence pour les dents postérieures, celles que personne ne voit quand tu souris. Les avantages des couronnes en or y sont réels : le matériau s’use au même rythme que la dent naturelle qui lui fait face, tolère des marges très fines, et ne casse pas. Aucun de ces avantages des couronnes n’a jamais été esthétique. Une couronne sur une dent postérieure encaisse des centaines de kilos par cycle de mastication.
Puis l’esthétique a gagné. Ce type de couronnes a cédé devant les couronnes en céramique intégrale et la zircone, et l’utilisation de dents en or a reculé. Sur une dent qui se voit, les autres types de couronnes ont pris toute la place. Les couronnes dentaires posées après 2000 pour une dent endommagée sont blanches, et sous le blanc il y a rarement de l’or.
Tu en tires une règle d’estimation gratuite : une dent postérieure traitée avant 1980 porte souvent une teneur haute, la même traitée après 2000 beaucoup moins. La position et la date valent mieux qu’un coup d’œil.
La céramique ne vaut rien au rachat, et la chape est très fine
Ta couronne d’aspect naturel peut contenir du métal : c’est une couronne céramo-métallique, une armature recouverte d’une céramique cuite dessus. Retiens deux choses.
La céramique est un verre feldspathique. Elle n’a aucune valeur, elle doit être éliminée avant la fonte, et son poids se déduit. Un affineur pèse le lot brut, mais ne paie que ce qu’il récupère.
Surtout, l’armature est fine : 0,3 à 0,5 mm, contre plusieurs millimètres de paroi pour une couronne coulée pleine. À taille de dent égale, une céramo-métallique contient donc beaucoup moins de matière noble. Le métal reste majoritaire en poids, parce qu’une coulée dentaire est sept fois plus dense que la céramique, mais la quantité totale est faible. Cette armature, la chape, pèse à peine plus d’un gramme.
Combien pèse une couronne dentaire, un bridge, un inlay
Ici les sources deviennent mauvaises, et il faut le dire. Aucune publication scientifique ne donne de poids moyen par prothèse dentaire. Tous les chiffres qui circulent sur le prix des couronnes dentaires au rachat viennent de racheteurs, c’est-à-dire de gens qui ont intérêt à ce que tu surestimes ton lot.
Ce que pèsent les dents en or
L’ordre de grandeur admis pour une couronne en or coulée pleine est de 1 à 3 g. Prends-le comme une fourchette, jamais comme un prix moyen. Pour un bridge, qui relie plusieurs éléments, compte mécaniquement plusieurs fois ce poids. Ne reprends pas les 20 à 30 g qu’annoncent certains comptoirs et que rien ne recoupe. Pour un inlay ou un onlay, je n’ai trouvé aucune fourchette sérieuse : ne chiffre pas, fais peser.
Applique. Au fixing LBMA du 11 août 2026, l’or fin est à 122,10 € le gramme. Une couronne de 2 g titrée à 750 millièmes porte 183 € avant décote de raffinage. La même en coulée palladiée à 6 % d’or n’en porte que 15 €. La même en nickel-chrome n’en porte aucun. Le poids n’a pas bougé entre les trois. Pour la mécanique du cours de l’or lui-même, elle est détaillée dans le prix de l’or en 2026.
Le rachat d’une dent en or se joue là, dans la composition de l’or dentaire que tu ignorais. La négociation n’y change rien. Un prix de rachat d’une dent se déduit du titre, et le prix de rachat annoncé avant essai n’engage personne. Et le coût d’une dent en or à la pose n’a jamais eu de rapport avec ce qu’elle vaut à la sortie.
L’or 9 carats, ou 375 millièmes d’or et 625 millièmes d’autre chose
Le même aveuglement joue sur les bijoux. L’or 9 carats contient 375 millièmes d’or, soit 37,5 % de sa masse. Le reste est cuivre, argent et zinc. Ces autres métaux ne se paient pas.
Ce titre a un statut particulier. La douane fixe cinq titres légaux pour les ouvrages : 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes. Le 375 est le plancher de l’appellation. En dessous, un objet ne peut pas être vendu comme de l’or. Ton bas de gamme est donc légalement de l’or, au dernier échelon.
Concrètement, au 11 août 2026, un gramme d’or à ce titre porte 45,79 € quand un gramme d’or 18 carats en porte 91,57. Deux bagues de poids identique valent donc du simple au double. Le chapitre 9 de mon manuel L’or à 17 250 $ en 2030 appelle ça l’erreur numéro un. Quatre-vingts pour cent des Français qui pensent posséder de l’or possèdent des bijoux. À la revente, ils découvrent une décote de 10 à 15 % pour purification, qui s’ajoute à la perte initiale de 50 à 70 % sur la main d’œuvre et la TVA.
Ce chapitre 9 fait partie d’un travail plus large sur le cours de l’or, ses cycles et la manière de s’y positionner honnêtement.
L’or blanc vaut le même prix que l’or jaune
La croyance la plus tenace veut que l’or blanc se revende plus cher que l’or jaune. Elle est fausse. Un or blanc à 750 millièmes contient autant d’or qu’un or jaune au même titre : le nombre de carats ne dit rien de la couleur. Seuls diffèrent les 250 millièmes restants, palladium, nickel ou argent pour le blanc, cuivre et argent pour le jaune. Le rhodiage qui lui donne son éclat froid est un dépôt de quelques dixièmes de micron, de masse négligeable et de valeur nulle. Il s’use, d’ailleurs.
À titre égal, la valeur intrinsèque est identique. Deux nuances s’imposent. Le palladium est coté, dans un alliage dentaire blanc comme dans une bague palladiée. Mais le rachat de détail en France paie sur l’or seul, et l’affineur facture la séparation. Pour un particulier avec trois bagues, compte zéro. Et l’or blanc au nickel, majoritaire sur l’entrée de gamme, n’en contient même pas.
Ce qui change, c’est ce que tu as payé. Tu ne le revendras pas plus cher.
Faire tester ton or dentaire avant d’aller au comptoir
Une prothèse dentaire n’est pas un ouvrage soumis à la garantie des métaux précieux. Elle ne porte aucun poinçon et n’a aucun titre légal opposable. Ses coulées tombent souvent hors des cinq titres français : 67 % d’or ne correspond à rien de normalisé chez nous. C’est pour cette raison que la valeur de l’or dentaire ne se lit jamais. Elle s’essaie.
La méthode non destructive est la fluorescence X. L’appareil bombarde la surface et lit la signature des éléments présents. L’essai prend quelques minutes et n’entame pas l’objet. C’est ce qu’utilisent affineurs, essayeurs et comptoirs sérieux. Demande le relevé de composition, pas un carat annoncé à l’oral. Le prix de l’or dentaire ne se déduit d’aucune vitrine, et un chiffre d’or dentaire au gramme affiché sans essai ne veut rien dire.
Par ordre de fiabilité décroissante : un essayeur ou un affineur indépendant, qui facture l’essai et ne t’achète rien ; un bureau de garantie ; un comptoir qui teste devant toi et te remet le relevé. La règle est simple : fais établir le titre par quelqu’un qui n’a pas intérêt à ce qu’il soit bas. Un essai coûte quelques dizaines d’euros, parfois la moitié du montant en jeu sur deux couronnes.
Sur un bijou, commence par lire les marques numériques : 750, 585 ou 375. Ces marques sont l’alternative légale aux poinçons figuratifs français, et ce sont les plus fréquentes sur les bijoux importés. Elles te disent immédiatement si tu tiens un objet en or ou en alliage d’or plus pauvre.
Action à réaliser
Vide l’enveloppe sur la table. Trie en trois tas : ce qui vient de la bouche, les bijoux avec une marque lisible, les bijoux sans marque. Pèse chaque élément séparément, et note.
Pour le premier tas, retrouve l’année des soins dentaires et la position en bouche. Pour le deuxième, lis la marque et applique-la. Pour le troisième, considère que tu ne sais pas.
Calcule ta fourchette basse en supposant le pire titre plausible, et ta fourchette haute avec le meilleur. Si l’écart dépasse cent euros, l’essai par fluorescence X est rentable avant toute discussion. Si tu transformes ensuite ton or en cash, la fiscalité de l’or s’applique dès le premier euro, et vaut d’être regardée avant plutôt qu’après.
Compter ce que tu as avant de le vendre, c’est la définition du frugalisme appliquée à un tiroir : savoir ce que valent tes objets avant que quelqu’un d’autre te l’apprenne.
Questions fréquentes
J'ai une couronne posée en 1975 et une posée en 2005, pourquoi la seconde ne vaut presque rien
Le choc du cours de 1980 a poussé la profession vers les coulées palladiées puis vers les matériaux non précieux. Une coulée des années 1970 titre couramment 750 millièmes d'or. Une prothèse des années 2000 peut être en nickel-chrome et ne rien contenir de précieux. L'année de pose est le premier indice de valeur.
Le comptoir veut retirer la céramique avant de peser, est-ce normal
Oui. C'est un verre feldspathique sans aucune valeur, et il doit partir avant la fonte. Le poids qui compte est celui de la matière récupérée, pas celui du lot brut. Exige que la pesée finale se fasse devant toi et que le résultat soit noté par élément.
Mon bijou porte la mention 333, est-ce de l'or
Ce titre n'est pas de l'or au sens français. La douane fixe cinq titres légaux, 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes, et le 375 est le plancher de l'appellation. Un 333 est un titre allemand courant qui ne peut pas être vendu comme or en France. Il contient tout de même un tiers d'or, donc il a une valeur, mais pas une appellation.
Puis-je faire tester le titre sans rien vendre
Oui. Un essai par fluorescence X ne détruit pas l'objet et prend quelques minutes. Certains professionnels le facturent à l'unité, d'autres l'offrent en espérant l'achat. Fais-le faire avant de discuter d'un montant, jamais après.
Une couronne dentaire en or blanc, ça existe
L'appellation n'a pas de sens en dentisterie. Les coulées claires sont palladiées ou chargées en chrome, ce n'est pas de l'or blanc de bijouterie. Un aspect gris ne dit rien de la teneur, dans un sens comme dans l'autre.