Prorata de taxe foncière : qui paie quoi après la vente
Prorata de taxe foncière après une vente : le propriétaire au 1er janvier reste seul redevable. Le calcul, la clause à lire, la TEOM si le bien est loué
L'essentiel

Sommaire et méthode
Dans cet article
Tu vends ta maison le 3 avril. En septembre, l’avis de taxe foncière arrive à ton nom, pour l’année entière. Ce n’est ni une erreur de l’administration ni un retard de traitement : c’est la loi, et le prorata de taxe foncière inscrit dans ton acte n’y change rien.
Ce prorata que l’acheteur te verse chez le notaire n’est donc pas un partage d’impôt. C’est un remboursement privé entre deux particuliers, écrit dans l’acte de vente. L’administration fiscale ne le connaît pas et ne le reconnaîtra jamais.
L’État encaisse douze mois d’impôt sur un logement que tu as quitté au printemps. Il ne partage rien et il n’arbitre rien. Si l’acheteur ne te rembourse pas, tu paies quand même, puis tu vas le chercher devant le juge civil. Une seule chose te protège : la clause que tu signes chez le notaire.
Le fisc ne connaît qu’un seul redevable
L’article 1415 du code général des impôts pose la règle en une phrase. Les taxes foncières sont établies pour l’année entière d’après les faits existants au 1er janvier. Le propriétaire à cette date doit les douze mois. Vendre en mars, en juillet ou le 30 décembre ne change rien à son obligation.
La conséquence surprend beaucoup de vendeurs. Le Trésor public leur réclame la totalité de la taxe foncière, sans discussion. Le service des impôts n’arbitre aucun litige entre les parties et ne coupe jamais un avis en deux.
Cette règle vaut aussi dans l’autre sens. L’acheteur qui prend possession en avril ne reçoit aucun avis pour l’année en cours. Le sien arrivera l’année suivante, une fois la mutation cadastrale publiée au fichier immobilier par le notaire. L’administration fiscale le confirme sur sa propre foire aux questions : la répartition figure dans l’acte, elle ne la concerne pas.
| Question | Réponse fiscale | Réponse contractuelle |
|---|---|---|
| Qui reçoit l’avis ? | Le propriétaire au 1er janvier | Sans objet |
| Qui doit payer le Trésor ? | Le propriétaire au 1er janvier, pour 100 % | Sans objet |
| Qui supporte la charge finale ? | Sans objet | Chacun au prorata, si l’acte le prévoit |
| Que se passe-t-il en cas d’impayé ? | Le vendeur est poursuivi | Le vendeur assigne l’acheteur au civil |
Comment se calcule le prorata de taxe foncière, jour par jour
Le mode de calcul tient en une règle de trois. Le notaire divise le montant annuel de la taxe par 365 jours, puis il multiplie par le nombre de jours de détention de chaque partie. La date de bascule est ensuite celle de l’entrée en jouissance, c’est-à-dire la signature de l’acte authentique de vente dans la majorité des transactions.
Prends par exemple un avis de 1 240 euros et une vente signée le 3 avril 2026. Le vendeur a détenu le bien immobilier du 1er janvier au 2 avril, soit 92 jours. L’acheteur en détient 273. Chaque jour vaut 3,3973 euros. Le vendeur garde donc 312,55 euros à sa charge et l’acheteur lui rembourse 927,45 euros.
| Partie | Jours de détention | Part de la taxe | Qui paie le Trésor |
|---|---|---|---|
| Vendeur | 92 | 312,55 € | Oui, la totalité des 1 240 € |
| Acheteur | 273 | 927,45 € | Non, il rembourse le vendeur |
Un détail vaut la peine d’être vérifié : le jour de la signature. Certaines clauses l’attribuent au vendeur, d’autres à l’acheteur. L’écart se limite à 3,40 euros dans cet exemple. Ne bloque pas ta signature pour si peu. Retiens surtout la méthode, parce que c’est elle qui te permet de recalculer le décompte du notaire au lieu de le gober.
Un accord privé, pas un partage d’impôt
Ce n’est pas de la théorie juridique. Cette différence décide qui porte le risque si l’acheteur ne rembourse pas.
Trois conséquences que la clause ne rattrape pas
Le vendeur reste exposé jusqu’au paiement. Il doit ainsi régler l’avis dans les délais, même si l’acheteur traîne. Le calendrier ne lui appartient pas : l’avis tombe fin août et le règlement suit en octobre, comme le rappellent les échéances de paiement de l’impôt foncier. Une majoration de retard le frappe lui, pas l’acquéreur.
La clause doit dire ce qu’elle veut dire. Une rédaction vague se retourne contre celui qui l’a acceptée. Le juge écarte alors le sens littéral des mots et cherche l’intention réelle des parties dans les courriers et les pièces du dossier. La Cour de cassation a raisonné ainsi le 9 mai 2001. La clause en cause mettait les impositions à la charge de l’acquéreur à compter du jour de l’acte, sans plus de précision. L’ANIL en tire l’enseignement pratique : les mots prorata temporis doivent figurer dans l’acte, avec la date de bascule retenue.
Aucun recours fiscal n’existe. Tu ne peux pas demander au centre des finances publiques de dégrever la part de l’acheteur. Tu ne peux pas non plus faire établir deux avis de taxe foncière. La seule voie de correction est le contrat, et elle se ferme le jour de la signature.
Le prorata de taxe foncière n’est qu’une ligne du dossier que ton notaire prépare. Le même acte porte les documents obligatoires du vendeur, les délais qui engagent la vente et des frais de sortie autrement plus lourds. La méthode complète pour sécuriser ce dossier avant de signer tient dans un manuel.
Quand l’avis de l’année n’est pas encore sorti
Les avis de taxe foncière arrivent en ligne fin août, le 27 août en 2026 pour les propriétaires non mensualisés. Toute vente signée entre janvier et l’été se règle par conséquent sur un montant inconnu. Le prorata de taxe foncière se calcule alors sur le dernier avis connu, celui de l’année précédente, transmis par le vendeur.
Deux rédactions coexistent, et elles n’ont pas le même effet. La première fige le calcul le jour de la signature : le montant de l’an dernier sert de référence définitive, personne ne revient dessus. La seconde, en revanche, traite ce montant comme une provision et prévoit une régularisation quand l’avis réel arrive.
L’écart n’est pas anecdotique. La revalorisation nationale des bases se limite à +0,8 % cette année, un chiffre repris dans l’article sur la taxe foncière 2026. Les taux des communes et des intercommunalités, eux, se revotent chaque année. Par exemple, une hausse de 10 % de la cotisation ajoute 124 euros sur un avis de 1 240 euros. Avec une clause figée sur l’an dernier, l’acheteur encaisse 93 euros de hausse sans les payer, et c’est le vendeur qui les absorbe.
Demande donc au notaire quelle version il a retenue, et fais-le avant la signature. Une clause de régularisation coûte un courrier en septembre et supprime le hasard. C’est le même réflexe qu’un frugaliste applique à un devis : lire la ligne qui engage, pas seulement le total affiché.
La clause trop large qui gonfle les droits de mutation
Voilà le piège que personne ne signale, et il coûte des euros réels. La doctrine fiscale distingue deux périodes, et une seule est neutre.
Le remboursement de la taxe foncière correspondant à la période postérieure à l’entrée en jouissance est un simple partage de charge. Il n’entre donc pas dans la base des droits de mutation. Le rescrit RES n° 2009/01 du 5 janvier 2009, repris au paragraphe 220 du même BOFiP, l’écrit explicitement. C’est le prorata classique, celui de l’exemple plus haut.
L’engagement de payer la taxe foncière de la période antérieure change de nature. Le BOFiP le qualifie de charge augmentative du prix au paragraphe 70. Cette somme s’ajoute donc au prix de vente pour calculer les droits de mutation. Si la clause met les 312,55 euros du vendeur à la charge de l’acheteur, les droits de mutation de l’acheteur montent d’au moins 18 euros au taux global de 5,81 %.
Dix-huit euros ne ruinent personne. Le signal compte plus que la somme : une clause qui produit cet effet est mal rédigée, et elle se corrige avant la signature. La même vigilance s’applique au reste du décompte du notaire, dont j’ai décomposé chaque ligne dans l’article sur les frais de notaire. Depuis le 1er avril 2025, les départements peuvent relever leur part de 0,5 point, ce qui porte le total plus haut dans la plupart d’entre eux. La hausse épargne l’acquéreur qui n’a pas été propriétaire de sa résidence principale les deux années précédentes et qui achète la sienne.
Logement loué : la TEOM ne suit pas la taxe foncière
Sur ton avis, deux lignes coexistent et n’obéissent pas aux mêmes règles.
Qui réclame quoi au locataire
La taxe foncière reste à la charge du propriétaire. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, la TEOM, est récupérable sur le locataire au titre du décret n° 87-713 du 26 août 1987.
Cette différence de traitement crée un problème à chaque vente de bien loué. Reprends l’avis de 1 240 euros, dont 186 euros de TEOM, avec le même locataire en place toute l’année. Le vendeur réclame 46,88 euros au locataire pour ses 92 jours de bail. L’acheteur, devenu bailleur, réclame les 139,12 euros des 273 jours restants.
Sauf que l’acheteur n’a pas reçu l’avis. L’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 rend pourtant les charges récupérables exigibles sur justification. Sans copie de l’avis, il ne peut donc rien réclamer et perd 139 euros. Le réflexe tient en une phrase : exiger du vendeur une copie de l’avis dès sa mise en ligne, et faire écrire cet engagement dans l’acte.
Ce qui ne se refacture pas, et ce qui se déduit
Deux précisions complètent le tableau. Seule la ligne TEOM se refacture, pas les frais de gestion perçus par l’État au titre de l’article 1641 du code général des impôts. Ils ne figurent pas dans la liste du décret de 1987, et la Cour de cassation l’a jugé le 30 octobre 2002. Côté déclaration, le BOFiP est net. La taxe foncière est déductible des revenus fonciers de celui qui en est redevable. La TEOM ne l’est pas, puisqu’elle incombe à l’occupant. Si tu déclares au réel, cette ligne se traite à part du reste de ton impôt sur le revenu locatif.
Enfin, un dernier point pour les bailleurs qui vendent un bien géré par un tiers. L’agence ne transmet pas toujours l’avis au nouveau propriétaire, parce que son mandat s’arrête avec la vente. Réclame ce document toi-même, comme les autres pièces que j’ai listées à propos de la gestion locative déléguée.
Action à réaliser
- Ouvre ton compromis et cherche trois mots : prorata temporis, la date de bascule, et le mot régularisation. Cinq minutes suffisent. Si l’un des trois manque, tu as une question à poser au notaire avant la signature.
- Résilie ta mensualisation si tu vends. Elle se reconduit toute seule chaque janvier, indépendamment de la vente. La démarche se fait dans ton espace sur impots.gouv.fr, rubrique Paiements, ou au 0 809 401 401. Une résiliation demandée jusqu’au 30 juin prend effet dès cette année. Passé cette date, une demande déposée jusqu’au 15 décembre prend effet le 1er janvier suivant, et une demande plus tardive le 1er février.
- Vérifie enfin le résultat sur ton relevé bancaire. Aucun prélèvement de taxe foncière ne doit plus tomber pour un bien que tu ne possèdes plus.
Le prompt à coller dans ton IA
Ce prompt te sort le décompte que tu peux opposer au notaire, chiffres à l’appui.
FAQ : vente en cours d’année et taxe foncière
Qui paie la taxe foncière en cas de vente en cours d'année ?
Le propriétaire au 1er janvier paie la totalité de la taxe foncière de l'année, même s'il vend le 2 janvier. L'article 1415 du code général des impôts établit la taxe pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier. L'acheteur ne doit rien au Trésor public pour cette année-là. Il rembourse une part au vendeur seulement si l'acte de vente le prévoit.
Le prorata de taxe foncière est-il obligatoire ?
Non. Aucun texte n'impose de partager la taxe foncière entre vendeur et acheteur. C'est un usage notarial, repris par une clause type dans les actes de vente. Sans cette clause, le vendeur supporte l'année entière et n'a aucun titre pour réclamer quoi que ce soit à l'acheteur.
Comment calculer le prorata de taxe foncière lors d'une vente ?
Tu divises le montant annuel de la taxe foncière par 365, puis tu multiplies par le nombre de jours de détention de chacun. Sur un avis de 1 240 euros et une vente signée le 3 avril 2026, le vendeur garde 92 jours, soit 312,55 euros, et l'acheteur rembourse 273 jours, soit 927,45 euros.
Que faire si l'avis de taxe foncière n'est pas encore sorti le jour de la vente ?
Le notaire calcule le prorata sur le dernier avis connu, celui de l'année précédente. Deux rédactions coexistent : un calcul définitif le jour de la signature, sans retour en arrière, ou une provision suivie d'une régularisation quand l'avis réel arrive. Lis cette clause avant de signer, car elle décide qui supporte la hausse des taux communaux.
Qui récupère la taxe d'enlèvement des ordures ménagères auprès du locataire après une vente ?
Chacun récupère la TEOM pour la période où il était bailleur. Cette taxe figure sur le seul avis reçu par le vendeur, mais elle est récupérable sur le locataire au titre du décret n° 87-713 du 26 août 1987. L'acheteur doit donc demander une copie de l'avis au vendeur : sans ce justificatif, il ne peut pas réclamer sa part au locataire.
Cet article donne une information générale sur la répartition de la taxe foncière lors d'une vente immobilière et ne constitue pas un conseil personnalisé. Je ne suis ni notaire ni conseiller fiscal. La fiscalité française est révisée chaque année au gré des lois de finances : un taux, un seuil ou une règle exacts aujourd'hui peuvent avoir changé quand tu lis ces lignes. Les règles citées s'appuient sur les sources officielles en vigueur à la date de publication (article 1415 du code général des impôts, BOFiP, service-public.gouv.fr, impots.gouv.fr). La clause de ton acte prime sur tout usage général : fais-la relire par ton notaire avant de signer.